Chansons
[Live report] Miossec à la Cigale

[Live report] Miossec à la Cigale

23 avril 2014 | PAR Bastien Stisi

Une Cigale à l’affichage complet accueillait hier soir Christophe Miossec, venu présenter au public parisien son dernier album Ici-Bas, Ici Même, paru il y a quelques jours seulement, dans une salle où il effectuait justement il y a vingt années l’une de ses toutes premières prestations scéniques…

Miossec Ici Bas Ici Meme

Un concert paradoxalement intimiste

De cette date, programmée dans le cadre du festival des Inrocks 1994, certains en étaient d’ailleurs peut-être déjà, à en juger l’âge moyen des membres d’un public beaucoup composé de quarantenaires en tenues de boulot, de cinquantenaires dégarnis, de quelques plus jeunes adultes, aussi, de fans de la première heure ou de quelques semaines venus unir leurs voix et leurs regards afin d’accueillir l’arrivée de Miossec sur scène dans les alentours de 21 heures.

Vêtu de noir de la tête aux pieds (jusqu’au chapeau qu’il porte de plus en plus souvent), Miossec ouvre le concert comme il ouvre son dernier album Ici-Bas, Ici Même, avec son titre « On Vient à Peine de Commencer », bientôt suivi par d’autres extraits d’un dernier album (« Samedi soir au Vauban », « Bête, comme j’étais avant », « Le Cœur », « Qui nous aime ») dont il nous confiait récemment en interview être encore capable d’écouter les diverses compositions (ce qui n’est sans doute plus le cas de son disque très rock Chansons Ordinaires, paru en 2011, dont on ne trouvera trace durant le concert…)

La voix rocailleuse et fracturée, parfois ostentatoirement fatiguée, est celle de celui qui a beaucoup vécu et beaucoup parcouru. Elle demeure toutefois éprise d’une douceur, d’une tendresse, d’une volonté que nul n’osera lui contester, et certainement pas son public, qui rugit littéralement des tonnerres d’applaudissements bien élevés au terme de chaque morceau. Dans les clappements de mains et les cris respectueux émanant de la fosse ou des tribunes, c’est la sensation d’amour et de très grand respect qui transparaît d’abord.

Lorsque raisonnent les premières notes de « Brest », puis celles de « Je m’en vais », tous deux interprétés avec minimalisme, on entend évidemment de très vives acclamations. Mais afin de ne pas couvrir la voix rarement forte de Miossec, on murmure doucement plus qu’on ne chante ces paroles que l’on a évidemment tous parfaitement intégrés dans la mémoire, et que l’on aurait sans doute dans d’autres circonstances hurlé à tue-tête (« je n’ai aimé que toi, je t’embrasse jusqu’à en mourir »). Un concert finalement intimiste malgré le nombre susurré à l’oreille des plus fidèles.

La voix fausse et le fond vrai

Sur scène, Christophe Miossec ne bouge plus beaucoup, et laisse à son armada de musiciens et à leurs instruments multilingues (batterie, contrebasse, guitare acoustique puis électrique, piano, violoncelle, marimba…) le soin de s’occuper des réjouissances musicales, et de grossir parfois des ambiances redevenues parfaitement rock (« Nos Morts », « Répondez par oui ou par non »), et exaltées même sur les terminaisons du très culte « Essayons ».

Interprétation intégrale des onze titres d’Ici Bas, Ici-Même, rapide retour sur sa large discographie (on passe par Boire avec « Que devient ton poing quand tu tends les doigts », par Baiser avec « La Fidélité », par Brûle avec « Ainsi soit-elle », par Les Finistériens avec « À Montparnasse »), et arrêt évidemment plus net sur son album 1964 (qui fête cette année ses dix ans), là où demeurent encore les plus fameux tubes de l’artistes (« Essayons », « Rose », Je m’en Vais » ,«Brest » sans Nolwenn Leroy…) : après un nombre (trop) important de rappels, la Cigale aura le droit à l’apparition d’Albin de la Simone sur scène et au piano sur « Ce qui nous tient », venant rappeler ainsi au plus grand nombre sa qualité de producteur de ce dernier album.

On terminera le concert avec l’interprétation pour la deuxième fois de la soirée de « À l’attaque ! », on saluera l’artiste en l’acclamant longuement. La voix était fausse mais le fond était bien vrai, et Miossec remettra le couvert dès ce soir devant le public du Printemps de Bourges.

Visuel : © pochette de Ici-Bas, Ici Même de Miossec (Alban Grosdidier)

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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