Musique
Astéréotypie : le collectif rock qui fait l’événement au MaMA Festival 2022

Astéréotypie : le collectif rock qui fait l’événement au MaMA Festival 2022

18 octobre 2022 | PAR Anne-Christine Caro

Astéréotypie nous a offert un des concerts les plus  forts de l’édition 2022 du MaMA Festival. Si vous ne les connaissiez pas encore, voici l’occasion de les découvrir. On les a rencontré quelques heures avant qu’ils ne foulent la scène de La Cigale. Voici l’audio et le récit dans les grandes lignes de cette rencontre qui a pris des détours aussi inattendus que poétiques. 

« Rock’n’roll is not dead » comme en témoigne les shows de ce groupe gorgé d’énergie au charisme inégalable. Benoît Guivarch qui officie au synthé dans le groupe dit que « Jouer avec eux c’est comme être avec 4 Nick Cave sur scène ».

Tout commence en 2010 par des ateliers d’écritures à l’institut médico-éducatif de Bourg La Reine. L’éducateur Christophe Lhuillier y rencontre Yohann Goetzmann, Stanislas Carmont et Aurélien Lobjoit, trois jeunes gens avec un trouble du spectre autistique. Ils seront rejoints plus tard par Claire Ottaway.

Christophe, qui est aujourd’hui guitariste du groupe, comprend vite que ces séances vont bien au-delà du simple atelier d’animation, c’est un vrai laboratoire d’art brut. Petit à petit les textes puissants sont habillés de son. Les musiciens du groupe Moriarty rejoignent le projet, la musique se fait de plus en plus puissante, jusqu’à arriver à ce gros rock qu’on connaît désormais et qui fait la signature d’Astérétoypie.

Stéréotypies et astéroïdes

Astéréotypie ça vient d’une comparaison entre les stéréotypies (ces séquences de mouvements rythmés que répètent les personnes neuro-atypiques et qui les rassurent) les stéréotypies donc, qu’un des auteurs compare aux astéroïdes. Déjà toute la poésie est là, et le sens qui émerge comme par magie. Parce que oui, bien sûr, ce groupe nous emmène bien au-delà des stéréotypes et vient poser la question de la norme, et de la place de l’artiste par rapport à celle-ci. Dès lors que l’artiste est celui qui éclaire, qui offre un regard différent sur le monde, ce pas de côté avec le réel est simplement essentiel et pourtant trop rare. Avec Astéréotypie, on perçoit le monde connu, mais comme à travers un kaléidoscope. On s’y retrouve et en même temps tout est bouleversé, c’est la grande force de leur proposition.

Aujourd’hui je discute avec Claire, Benoît, Christophe, puis Stan nous rejoint avec Arthur.

Rencontre avec les artistes percutants qui forment le collectif Astéréotypie

Il est 17h, dans moins de 4 heures, ils seront sur la scène de La Cigale dans le cadre du Mama Festival 2022. A La Cigale, j’ai vu certains des meilleurs concerts de ma vie, et je peux dire ce matin que celui-là est venu rejoindre mon panthéon : poésie brute, énergie folle et musiciens hors pair, le cocktail promettait et a en effet été plus que détonnant ! 

Dans cet entretien haut en couleurs on a parlé pêle-mêle des astéroïdes, de la Drôme où aucun mec ne ressemble à Brad Pitt, du facteur cheval qui ne lui ressemble pas non plus. Christophe nous a raconté le passage de l’atelier à la scène, la montée en puissance musicale du projet et le premier concert important d’Astéréotypie au Divan du Monde en 2012 qui révèle le charisme hors-norme de ces artistes sur scène. Et puis on a dérivé sur les animés japonais, une des passions de Claire qui connaît sur le bout des doigts les voix off et les doubleurs comme Adeline Chétail dont elle est fan.

A ce moment-là, Benoît et Christophe sont partis, Stanislas Carmont et Arthur B Gilette, (bassiste d’Astéréotypie mais aussi musicien du groupe Moriarty, et derrière le très joli projet Mick Strauss), nous ont rejoint. Là on a plongé dans la peinture, avec Delacroix et Valminck, mais on a aussi parlé des jeux olympiques, du concert à venir, et de l’arène qu’est la scène pour Stan. 

Claire nous a ensuite dévoilé en exclusivité un extrait d’un de ses nouveaux textes et nous a raconté ses inspirations pour l’écriture : Florence and the Machine, sa monitrice de ski dont le père s’appelle Yvon, ce joli homme Nico, ou encore Yaris, une chasseresse montée sur une biche parlante ! Sur le prochain album on pourra découvrir entre autres « Fuir pour ma vie », « Que la biche soit en moi », « Le Roi Libre », « Dans les Rosiers », et « L’Unique Château ».

Et bien sûr, on ne pouvait pas se quitter sans évoquer Hestia, la chienne de Claire pour laquelle elle va écrire un sonnet et qui a déjà eu son moment de gloire à l’écran dans le clip Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme.

Photos © Anne-Christine Caro 

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