Chanson
Live-Report : Claire Diterzi au Trianon (22/04/2013)

Live-Report : Claire Diterzi au Trianon (22/04/2013)

23 avril 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

 

 

Revenue de son pensionnat à la prestigieuse Villa Médicis de Rome avec le superbe album « Le salon des refusées » (naïve, voir notre interview), Claire Diterzi remplissait hier soir le Trianon avec un concert plus « classique » que les éclats géniaux de sa biographie-tout spectacle de Rosa la Rouge (voir notre chronique). Un moment qui devait être intime mais qui n’a pas fonctionné.

« J’ai vraiment voulu revenir à un ‘vrai’ concert », nous confiait Claire Diterzi à la sortie de son bel album accueilli avec enthousiasme par la critique. Toute de noire vêtue, bottines à talons elle est entrée sur la scène du Trianon accompagnée d’un violon, d’une viole de gambe, d’une guitare et d’immenses et rondes percussions. Le groupe a commencé dans un répertoire strictement venu du dernier album, suivant une ligne continue, mais trop peu travaillée pour ne pas ennuyer. Le choc des ères entre viole de gambe et guitare électrique qui donne une aura incroyable à l’album du « Salon des refusées » s’est éparpillé en sonorités et mots difficiles à saisir dans la grande nef du Trianon, et ce malgré le timbre toujours aussi exceptionnel et le toucher de guitare maîtrisé de la chanteuse. Recommençant certains morceaux plusieurs fois et meublant les reprises de transitions longues et non préparées sur ses talons, une nuit d’ivresse à la villa ou les goûts un peu clinquants de son fiancé italien, Diterzi donnait l’impression d’écorner elle-même un spectacle qu’elle a préparé de tout son talent – qui est grand- et de tout son cœur. Est-ce par trac pour un résultat tant attendu après les polémiques idiotes qu ‘ont suscitées sa nomination à la villa Médicis? Il n’empêche qu’enchainant les blagues internes sur scène, tournant souvent le dos à son public, elle en est venue à distribuer les bons et les mauvais points à ses excellents musiciens, blâmant sous forme d’humour son guitariste pour les couacs, mais trop longuement pour faire rigoler et interrompant une version pour cordes partie pour être sublime de « La vieille chanteuse » pour féliciter sa violoniste. Que Diterzi ne puisse pas faire un tout sur la scène du « Salon des refusées » comme elle l’avait fait avec « Rosa la rouge » ou « Tableau de chasse », qu’elle puise dans des « tubes » précédents pour agrémenter une ligne un peu dark, on ne peut lui reprocher. Ni même les vidéos, jolies mais inutiles, qui contribuent à l’impression d’hétéroclite, notamment quand Diterzi commente une scène de foot pendant 3 minutes chrono. En revanche, que presque chaque chanson ait été interrompue par un commentaire aux musiciens et une reprise et qu’une artiste si généreuse soit comme mentalement absente de son propre spectacle fut une grande déception que l’arrangement sublime de « Riders on the Storm » n’a pas tout à fait rattrapé. Hier soir, peut-être par trac, peut-être par fatigue, Claire Diterzi nous a donné l’impression de répéter son concert du Trianon, pas de le donner. Imaginer ce qu’il aurait pu être fût une expérience à la fois triste et frustrante.

Visuel (c) : pochette de l’album

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

3 thoughts on “Live-Report : Claire Diterzi au Trianon (22/04/2013)”

Commentaire(s)

  • Marin Marais

    Bonjour,

    Il ne s’agit pas, comme vous le dites, d’un violocelle mais d’une viole de gambe. Instrument certes « ancêtre » du violoncelle qui cependant vit encore par ses qualités et l’amour que d’aucuns lui portent.
    Je vous conseille d’aller faire un tour sur wikipedia afin de vous renseigner sur ce bel instrument. Outre cela, il existe un film (tous les matins du monde) où elle est à l’honneur.

    avril 26, 2013 at 0 h 20 min
  • yael

    @Marin Marais : merci pour cette précision, je l’ai ajoutée, je le savais pour l’album mais j’étais trop loin pour en être sure sur la scène… Sinon, j’ai adoré tous les matins du monde! bien à vous

    avril 27, 2013 at 7 h 05 min
  • Bonjour,

    Impression, hélas, partagée…
    On se sent moins seuls !
    Avec la vie de famille on fréquente moins les salles de concert et un de nos derniers concert était… Claire Diterzi à Chaillot (on l’avait vue aussi au Trianon). Grosse déception l’autre soir, on s’est demandé si c’était nous qui n’étions « pas là » ou si c’était elle…
    Dans l’article j’aurai aussi parlé de l’entrée en scène complètement ratée et qui m’a mis mal à l’aise d’emblée…
    On avait l’impression que même les musiciens étaient mal à l’aise… assistions nous à un accordages des instruments ? Claire Diterzi qui entre sur scène comme ça en discutant comme si c’était après un entracte… bref déçu…

    avril 28, 2013 at 12 h 11 min

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