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[Live-report] Arthur H et Emily Loizeau, deux concerts intimes et troublants au cœur de FNAC live

[Live-report] Arthur H et Emily Loizeau, deux concerts intimes et troublants au cœur de FNAC live

19 juillet 2014 | PAR Yaël Hirsch

Fnac Live ce sont d’immenses concerts sur le parvis de l’Hôtel de ville, mais aussi privilège parmi les privilèges- des concerts plus intimes dans les salons de la municipalité. L’adulé Christophe avait ouvert le bal de cette « Scène du salon » à l’acoustique parfaite et vendredi 18 juillet, c’étaient Arthur H et Emily Loizeau qui s’y produisaient dans des piano-voix (et violoncelle pour la demoiselle) généreux et émouvants. Un début de soirée magique.

[rating=5]

Lunettes noires, veste rouge malgré la chaleur, Arthur H s’est assis au piano pour ne plus nous quitter, quitte à faire un jeu de mot sur la petite batterie électronique qu’il règle pour qu’elle l’accompagne. Spirituel, habité, il danse les mots et les notes de certains de ses classiques (« New-York City », « Raïssa » ou le plus récent et sensuel « Prendre corps ») mais aussi et surtout plusieurs titres de son prochain album, à paraître à la rentrée Soleil dedans. Des titres magnifiques, mélancoliques, sur une pluie de piano (Les Clandestins) ou une envie de voyage (Navigateur solitaire) et qui dévoilent une « voix » nouvelle chez Arthur H en pleine exploration de ses aigus qui chantent le blues. Comme le chanteur le confesse, 40 minutes c’est bien trop court, on reste un peu suir notre faim, prêts à signer pour un nouveau concert après la sortie de l’album.

Cheveux courts, pieds nus et robe du soir noire entièrement décolletée dans le dos, Emily Loizeau entre sur scène sur une interprétation décidée du début des Kinderszenen de Schumann. Puis elle se met à parler; avec un mélange de timidité et d’effronterie irrésistible. Elle est accompagnée de son magnifique violoncelliste, qui fait aussi chœurs et merle siffleur./ Et tous deux ont concocté un petit mélange du meilleur d’Emily Loizeau un brin mélancolique et très « chanson ». Elle choisit d’abord le romantique « Comment dire » de son deuxième album L’autre bout du monde, avant de passer au plus Folk « Sister » de pays Sauvage. Puis l’Italie s’invite dans une reprise touchante de fidélité du « Gigi l’amoroso » de Dalida. Malgré quelques difficultés pour pincer les cordes du violoncelle à quatre mains, « Je ne sais pas choisir » reste d’une finesse merveilleuse. Et le concert s’enlise ensuite lentement dans une vague de tristesse cathartique, avec entre autres « Vole le chagrin des oiseaux », des envies de départ avec « Pays sauvage » et surtout le Negro spiritual, qui donne la chair de poule au public « Fais battre ton tambour ». Généreuse, fragile et forte, Emily Loizeau est vraiment à voir sur scène où sa voix si puissante touche bien plus profondément que sur les sillons enregistrés de ses albums.

On avait beau être une petite centaine sous les plafonds imposants du grand salon de l’Hôtel de ville, hier soir, chacun d’entre nous a eu l’impression que Arthur H ou Emily Loizeau chantaient pour lui seul. Une expérience à réitérer ce soir avec deux autres immenses chanteurs que nous avons vus récemment et adorés : Dick Annegarn et Jeanne Cherhal.

visuels : Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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