Musique

CD : réédition de Pretty Hate Machine de Nine Inch Nails

29 novembre 2010 | PAR Mikaël Faujour

21 ans après sa sortie, voilà que ressort le premier album de Nine Inch Nails, Pretty Hate Machine. Un premier album qui tirait alors davantage vers la synth-pop que vers le metal industriel des disques ultérieurs. Un classique à (re)découvrir.

Souvent mis en rapport avec Ministry pour avoir contribué à poser les bases du metal industriel, la musique de Nine Inch Nails est, à la fin des années 80, bien différente. Si celle de Ministry, radicale, fracassante et soutenant un propos politique, déborde de rage punk, celle de Nine Inch Nails est plus « audible », plus nuancée – et pour tout dire, plus humaine. C’est que, fort de son expérience dans diverses formations de pop synthétique, Trent Reznor conserve à la fois un goût pour les claviers – omniprésents dans Pretty Hate Machine, tandis que les guitares sont en retrait – ainsi qu’un sens de la mélodie et de la structure plus « classiques ». De fait, il s’agit ici de chansons, que la structure (couplet/pont/refrain) rend accessibles, ce qui distingue à cette époque NIN des terroristes « ministériels ».

Dans ses paroles, Reznor susurre, chante et crie son mal de vivre, son désarroi, son désabusement et sa colère aussi. A l’image du calme « Something I Can Never Have », emmené par sa rengaine entêtante au piano, ou du puissant single « Head Like a Hole », toutes guitares dehors. Ou encore de l’excellent « Terrible Lie », où sur fond de nappes de synthé, de bidouillages électroniques et de riffs accrocheurs, le chanteur crache à Dieu sa colère blasphématoire : « Hé, Dieu, pourquoi tu me fais subir tout ça ? / (…) tu me dois de grosses excuses… ». Des thèmes qu’il continuera d’explorer par la suite et qui auront une résonance particulière lorsque explosera le grunge au début des années 90.


Ce premier album, que Trent Reznor co-produit avec notamment Mark « Flood » Ellis et Adrian Sherwood (deux habitués des groupes industriels ou rock synthétique : New Order, Skinny Puppy, KMFDM, Ministry), est déjà marqué par cette minutie de production qui demeurera un des points distinctifs et un atout majeur de Nine Inch Nails.

Pretty Hate Machine ne fait pas grand bruit à sa sortie et n’atteint que la 75ème place du classement américain. Il deviendra cependant Disque de platine, à la faveur d’un bouche à oreille efficace et de tournées intensives où le groupe construit autour de Reznor fera montre d’une violence et d’une intensité peu communes. Si ce premier album est principalement un disque de rock synthétique, à mi-chemin entre metal et pop synthétique, en revanche, son successeur, le EP Broken verra Nine Inch Nails mettre les pieds dans le plat de l’indus metal et en devenir la figure de proue.

Le projet d’une réédition deluxe (avec remixes à la clé et son surround) était envisagé par Trent Reznor depuis 2005, mais le label Rykodisc ne lui a pas donné les moyens. Il a donc fallu que Bicycle Music Company rachète les droits de mastering : chose faite début 2010. L’album remasterisé est agrémenté d’une nouvelle pochette, signée Rob Sheridan, responsable de l’artwork de NIN depuis 2000. Cette réédition voit aussi l’inclusion d’un titre bonus, la reprise de Queen « Get Down Make Love » (titre issu du News of the World de la bande à Mercury, et qui figurait en face B du EP « Sin », de Nine Inch Nails), produit à l’époque par un certain Hypo Luxa (prête-nom d’Al Jourgensen, le brillant diablotin de Ministry).

Ecouter la réédition de l »album sur le site du NME.
Voir aussi le site consacré à la réédition de l’album : http://phm.nin.com/

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Mikaël Faujour

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