Fictions
“Une mère éphémère” pour auteure en devenir

“Une mère éphémère” pour auteure en devenir

15 septembre 2022 | PAR Marianne Fougere

Inconnue au bataillon littéraire, Emma Marsantes signe avec Une mère éphémère l’une des pépites les plus folles de la rentrée.

 

Inceste, viol, violences conjugales et/ou domestiques : la parole se libère et, dans ce mouvement de libération des mots et donc des maux, la littérature joue pleinement son rôle. Que l’on songe au Consentement de Vanessa Springora ou à La familia grande de Camille Kouchner, les livres de témoignage ont rendu possible la reprise en main par les victimes de leur propre récit. Une mère éphémère s’inscrit dans un tel mouvement d’émancipation narrative tout en s’en distinguant.

Le premier roman d’Emma Marsantes raconte l’histoire de Mia. Mia est une survivante. Elle a survécu au suicide de sa mère qui, pourtant, avait tout pour être heureuse. Elle a survécu à l’inceste imposé par son frère. Elle a survécu à une éducation qui voudrait que les femmes soient les bas morceaux du plaisir masculin. Mia “a tellement été violée [qu’elle mettra] des années à comprendre qu’[elle a] le droit de désobéir, de [se] retourner, de faire face et de regarder dans les yeux, choisir, prendre le parti d’avoir envie, de mouiller, [se] dilater et jouir.”

Aussi, Une mère éphémère est une ode à la désobéissance et même à la dissidence d’avec les règles conventionnelles de l’écriture. Car Emma Marsantes invente sa propre langue. Elle crée ses propres mots pour faire sentir au plus près et au plus profond les souffrances de son héroïne. C’est pourquoi, pour reprendre les mots de Christine Angot lors de la promotion de L’inceste, elle n’a pas écrit “une merde de témoignage” mais un objet littéraire singulier permettant à une femme “infracturée” de renaître et à une écrivaine de naître.

 

Emma Marsantes, Une mère éphémère, Paris, Verdier, sortie le 15 septembre 2022, 128 p. 15 euros.

Visuel : couverture du livre

Comme la mer, mon amour : une histoire d’amitié indéfectible portée au théâtre
« Le Jardin d’hiver » à l’Ancien Evêché de Toulon
Marianne Fougere

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