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« Le prix du reste de ma vie », un manga calme et mélancolique

« Le prix du reste de ma vie », un manga calme et mélancolique

09 mars 2020 | PAR Laetitia Larralde

Le prix du reste de ma vie de Sugaru Miaki et Shouichi Taguchi est une des premières publications de Moonlight, la nouvelle collection de Delcourt/Tonkam. Avec des mangas et des light novels (roman pour jeunes adultes), la collection s’oriente vers des titres mélancoliques et oniriques.

Kusunoki est un jeune homme de vingt ans sans aucun avenir. Alors qu’il était un jeune garçon intelligent et sûr de lui, aujourd’hui sa santé est précaire, il vit de petits boulots et est quasiment seul. Donc quand on lui parle de vendre sa vie, il n’hésite pas. Kusunoki vend pour un prix dérisoire les trente ans qu’il aurait dû vivre et ne conserve que les trois derniers mois.

Cette boutique mystérieuse qui achète du temps, de la santé ou de la vie a son propre système pour évaluer le prix d’achat. Les critères sont tous très subjectifs : les accomplissements, le bonheur, l’ambition, la satisfaction personnelle, sa contribution à la société et son rapport aux autres… Plus on est utile et intégré socialement et plus la valeur de notre vie augmente. Et plus on apprécie sa vie, plus elle vaut cher. Ici, le salaire qu’on gagne ou ce que l’on possède n’entrent pas en ligne de compte, seule l’humanité et la dimension sociale d’une personne importe.

Mais Kusunoki ne va pas pouvoir faire n’importe quoi pendant les trois mois qui lui restent : Miyagi, une employée de la société qui lui a racheté sa vie, va rester avec lui 24h/24, présence invisible à tous à part lui. Afin d’éviter que celui qui connait la date de sa mort ne perde complètement la raison et fasse des dégâts dans son entourage, un système d’étroite surveillance est mis en place, et au moindre dérapage, la vie peut s’arrêter immédiatement. On peut donc mettre sa vie en ordre, gérer les regrets et lister ce qui nous reste à faire, mais pas question de grand geste dramatique, de vengeance ou de folie.

Mais est-il possible en trois mois de donner un sens à une vie qui n’en avait aucun et qui n’en n’aurait pas eu ? De rattraper ses erreurs ? Ou faut-il au contraire essayer de vivre le plus heureusement possible ses derniers jours, profiter des dernières fois, sans ternir ses souvenirs ?

Adapté d’un roman de Sugaru Miaki dans un style de dessin classique mais efficace, Le prix du reste de ma vie, série terminée en trois tomes, s’intéresse à des questions originales dans l’univers du manga. Si l’atmosphère n’est pas à la fête ni à l’action, le désœuvrement immobile du personnage principal et l’attente en retrait de sa surveillante créent une sorte de parenthèse méditative et donne envie de savoir quels seront les derniers choix de Kusunoki. Car au final, ne sommes-nous pas les premiers à fixer la valeur de notre vie ?

Le prix du reste de ma vie, de Sugaru Miaki et Shouichi Taguchi
Moon light manga, Delcourt/Tonkam

Visuel : ©Delcourt/Tonkam

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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