Essais

« Poison présidentiel » : Ghislaine Ottenheimer critique la cour du Président de la République

« Poison présidentiel » : Ghislaine Ottenheimer critique la cour du Président de la République

24 avril 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef du magazine Challenges, propose un voyage au cœur de notre monarchie républicaine.

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poison présidentielDOIT-ON REFORMER NOS INSTITUTIONS ?

La France n’arrive pas à s’adapter ? On incrimine les syndicats, le corporatisme, un surmoi marxiste, des dirigeants politiques de plus en plus médiocre. Mais est que ce n’est pas la faute de nos institutions ?

LA MONARCHIE RÉPUBLICAINE
La vérité ? Un monarque qui décide de tout, se mêle de tout, de la guerre au Mali, du sort de Léonarda, des allocations familiales, de la carte des régions, du découpage des tranches de l’impôt sur le revenu, de la lutte contre le terrorisme.
Mais qui est incapable de faire les grandes réformes nécessaires pour juguler le chômage, les déficits. Le Président hors cohabitation, dispose de tous les leviers du pouvoir.
En effet, en période de cohabitation, le régime bascule vers un régime parlementaire.
Pour les nominations tout dépend du président, sans aucun contrôle démocratique.
Il y a une véritable cour qui gravite autour du président. L’auteur cite, Bernard Kouchener, qui lors d’un voyage officiel du Président Sarkozy a dit » Sans flagornerie, nous étions très fiers d’être français en vous entendant. ». La France est le pays d’Europe, où le budget du président est le plus élevé (y compris par rapport à la royauté comme La Grande Bretagne).

ON EST EN ZONE DANGEREUSE
Comme l’a dit Didier Migaud (président de la Cour des comptes et socialiste), on est en zone dangereuse. Alors qu’en Allemagne, le chancelier doit en permanence se réassurer auprès du groupe parlementaire. Il travaille sur un programme précis, qui est réadapté tous les trois ans.
En France c’est différent, seul compte l’élection présidentielle. Cet état de fait, a fait l’objet d’une note d’un Think tank américain (Peterson Institute for Kirkegaard Economics), qui estime que la récession en France, provient du malaise des institutions politiques.

Le travail de l’auteur est réussi car il surfe sur un malaise entre représentants et peuple bien marqué par la montée de l’abstention tout en s’appuyant sur de nombreuses sources politiques, juridiques, et étrangères, et surtout constitutionnelles. De grands classiques de la Science Politique
sont évoqués, comme le livre La folie cachée des hommes de pouvoir de Maurice Berger ou Les deux corps du roi d’Ernst Kantorowicz. Le livre pointe vers des réformes qu’il estime nécessaires à l’heure où l’essor d’internet créé une demande de plus grande flexibilité dans les rapports des politiques avec le peuple..

Ghislaine Ottenheimer, Poison Présidentiel, éditions Albin Michel, avril 2015,247 pages, 19 euros
visuel : couverture du livre

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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