Cinema

Peace, love et plus si affinités : retour vers le passé hippie pour Jennifer Aniston et Paul Rudd

31 mai 2012 | PAR Gilles Herail

Critique. Le producteur et scénariste le plus respecté de la nouvelle comédie américaine, Judd Apatow, revient avec Wanderlust,  un petit moment de détente sans prétention mais un brin paresseux. Rien de déplaisant mais sans aucune surprise.

Synopsis: George et Linda quittent New-York et le stress des grandes villes après le licenciement de George, et rejoignent la communauté d’Elysium, dont l’unique règle de fonctionnement est d’être soi-même… Le cinéma français des années 70 et 80 nous avait réservé des comédies très soixantuitardes se déroulant dans les communautés libérées du Larzac ( les Baba Cools avec le Splendid et Catherine Frot a encore ses adeptes !). Wanderlust s’inscrit en apparence dans une veine nostalgique pour mieux dynamiter les faux semblants du peace and love coopératif. Avec une morale finalement osée et rafraichissante sur les joies de la viande, de la pollution urbaine, de la propriété et de la vie privée! On retrouve ainsi la marque de fabrique des productions Appatow qui sous leur enveloppe rebelle et rentre dedans cachent une grande tendresse pour le conformisme et les valeurs traditionnelles (Knocked Up et I love you man en étaient de parfaits exemples).

La prévisibilité du script et de l’évolution symétrique des personnages déçoit car c’est bien la qualité de l’écriture qui fait défaut à ce Wanderlust manquant cruellement de folie. Les passages obligés (les gags sur l’absence de porte dans les toilettes, les problèmes de la liberté sexuelle…) sont légion et peu de bonnes idées surnagent. Si le film échoue à faire naitre la moindre sympathie pour cette communauté d’illuminés trop caricaturaux, les éclats de rire arrivent par intermittence grâce à une maitrise assez croustillante de la vulgarité et du trash qui illuminent de trop rares scènes (un accouchement naturel assez répugnant notamment !). La séance surréaliste d’auto motivation d’un mari manquant de courage pour tromper sa femme réserve aussi 5 minutes jouissives où Paul Rudd en roue libre délivre des répliques de film porno petit budget sous ecstasy. Sur la longueur, rien de bien mémorable même si l’on retrouve avec plaisir l’un des meilleurs acteurs comiques américains du moment, Paul Rudd qui est ici épaulé de la meilleure des manières par une Jennifer Aniston jamais aussi bonne qu’en cassant son image un peu fade.

Gilles Hérail

Wanderlust, une comédie américaine de David Wain avec Paul Rudd, Jennifer Aniston, Malin Akerman, Justin Theroux, Ray Liotta, produit par Judd Apatow, durée 1h38, sortie le 30 mai 2012

Le théâtre tout court au Ciné 13
Bojan Z au Lutetia le 1er Juin
Gilles Herail

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