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« The Man That Killed Hitler and then the Bigfoot : un film de héros en demi-teinte » [Critique]

« The Man That Killed Hitler and then the Bigfoot : un film de héros en demi-teinte » [Critique]

19 septembre 2018 | PAR Simon Théodore

Engagé dans la compétition crossover de la 11ème édition du festival européen du film fantastique de Strasbourg, Robert D. Krykowski propose un premier long-métrage au titre à rallonge : The Man Who Killed Hitler and then the Bigfoot. Malgré un héros à la personnalité profonde et une trame intéressante, ce film s’avère être moyen.

[rating=3]

Une musique rock retentit et rythme les premières images du film. Le spectateur s’engouffre dans un bar de la Nouvelle Angleterre où est installé, au comptoir, Calvin Barr. Ce vétéran de la seconde Guerre Mondiale, moustache et cheveux grisés par le poids de ses souvenirs, sirote un verre de whisky. On découvre alors un héros, au passé lourd, et dont les caractéristiques sont éloignées des standards du genre. Après avoir tuer Hitler, son désir d’aventure le rattrape lorsqu’il est enrôlé pour éliminer le mythique Bigfoot, responsable d’une épidémie.

Divisé en deux temps, ce premier effort de Robert D. Krykowski s’avère être en demi-teinte. Le début du film fait ressurgir des couloirs du temps et de la mémoire du personnage principal son histoire. Ce héros, interprété par Sam Elliott, est alors humanisé et son rôle se voit doté d’une belle profondeur. Dans sa vie de retraité, son chien et son frère sont ses uniques compagnons. Il a alors tout le temps de se rappeler l’être qu’il a aimé et sa vie d’avant. Cependant, cette romance de jeunesse aurait pu être davantage développée. La réalisation souligne l’aspect atypique du héros et l’on suit facilement l’intrigue pour découvrir les événements qui ont marqué sa jeunesse dans les forces spéciales.

Si le traitement de la figure du héros est plutôt réussi et original, le film commence à décevoir lorsque Calvin Barr accepte la mission des autorités gouvernementales. La traque au monstre issu du folklore nord-américain déçoit. L’intrigue basée sur le fait que la bête légendaire est responsable d’une épidémie n’apporte rien au scénario. Sa traque est brève et le rapport qu’entretient le chasseur avec sa proie ne provoque aucune empathie. Ce dernier point est véritablement dommage dans la mesure où l’un des intérêts du personnage réside dans le fait qu’il a du mal digérer le fait d’avoir tué un être humain, aussi monstrueux fut-il. En outre, avec des effets spéciaux dignes de films de séries B, les ultimes scènes de combat avec la bête finissent par faire perdre toute crédibilité à cette chasse.

En somme, avec The Man Who Killed Hitler and then Bigfoot, Robert D. Krykowski propose une version originale du héros dans le septième art. Néanmoins, le projet pèche en raison d’un scénario un peu faible et par certains éléments dispensables.

The Man That Killed Hitler and Then the Bigfoot de Robert D. Krykowki. Avec Patrick Ewald, Aiden Turner, Caitlin FitzGerald. Genre : action. Durée : 1h38.

Visuel : (c) Afiiche du film.

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Simon Théodore

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