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Orange Is the New Black : une série militante ?

Orange Is the New Black : une série militante ?

10 août 2015 | PAR Hakim Akcha

Piper Kerman, l’auteure de la série Orange Is The New Black a récemment expliqué les raisons qui l’ont poussé à écrire le livre qui inspirera quelques années après la série.

 

 

Alors que la troisième saison de la première série originale en terme d’audience de Netflix a pris fin au début de l’été Piper Kerman, l’auteure de cette dernière, revient sur les raisons qui l’ont poussé à rédiger puis diffuser son livre et son adaptation sérielle. Il s’avère que Piper a, comme son personnage fictif du même prénom, également été emprisonnée dans une prison fédérale américaine. Non pas pour trafic de drogues mais pour blanchiment d’argent, la jeune femme avait écopé de 13 mois d’emprisonnement dans la prison fédérale de Danbury dans le Connecticut.

Sortie en 2005, l’auteure s’est exprimé devant le Sénat américain dans le but de militer contre les traitements que subissent les femmes dans les milieux carcéraux américains. Devant les sénateurs, Piper s’interroge avec inquiétude « Nos prisons doivent-elles être des tas de ferrailles ou des boutiques de réparation d’humains ? ». La jeune femme, par ce discours, renvoie l’Amérique à son débat sur le traitement des détenu-e-s dans ses prisons.

En effet, elle raconte avoir connu des jeunes femmes en état de manque, sans aucun soutien devant éduquer leurs enfants l’espace d’une heure pendant les visites. Sans qu’aucune aide ne leur soit apportée. Elle ajoute à son argumentaire la gestion désastreuse, qui se retrouve d’ailleurs dans sa série, des prisons pour femmes. Lui reviennent rapidement en mémoire, quelques exemples comme un séminaire sur les moyens de trouver un logement sûr et stable après la sortie de prison. Le séminaire était animé par un spécialiste de la construction de bâtiment et conseillait aux femmes d’utiliser du plastique à renfort de verre pour isoler, de la chaleur et du froid, sa maison. Ou encore un séminaire sur l’insertion sanitaire des femmes une fois sorties de prison. L’officier qui se chargeait de la présentation appartenait au département culinaire et ne possédait aucune compétence ou diplôme, si ce n’est une carrière professionnelle dans le baseball, dans la gestion des questions et risques sanitaires.

Piper ajoute que les femmes « sont la population qui augmente le plus rapidement dans le système pénitentiaire américain ». L’ancienne détenue met en corrélation cette augmentation avec l’augmentation d’arrestation de femmes pour délits mineurs. En quelques chiffres datant de 2008, 40 % des femmes emprisonnées le sont pour des crimes liés à la drogue et 34 % pour des crimes non-violents comme les vols et blanchiments d’argent.

Même si le chemin vers un bon traitement des femmes dans les milieux carcéraux américains est déjà bien entamé, rien n’est encore fait. Piper Kerman propose d’ajouter à ce qui existe déjà, à savoir des parrainages entre détenu-e-s et des vêtements taillés selon les morphologies de chacune, certains séminaires éducatifs à destination des détenues. Retrouvant ainsi des séminaires sur la gestion du stress et de la colère ou sur les problèmes sanitaires et médicaux. Une initiative somme toute intéressante qui pourrait éviter la rechute des femmes dans le système pénitentiaire américain, qui reste élevée.

Visuel : © Photo de profil Facebook de Piper Kerman et Capture d’écran de la série.

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Hakim Akcha

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