Séries

Episodes: parcours d’un remake de la BBC à Hollywood

17 janvier 2011 | PAR Sonia Ingrachen

Alors qu’Entourage débutera cet été sa saison finale, Showtime nous propose une nouvelle série qui dévoile l’envers de la production d’une série à Hollywood. David Crane, co-créateur avec Marta Kauffman de Friends signe aux côtés de Jeffrey Klarik et Jimmy Mulville cette comédie sur l’adaptation d’une série anglaise par les studios Hollywoodiens.

Sean (Stephen Mangan) et Beverly Lincoln (Tamsin Greig) sont des scénaristes anglais d’une série à succès multi-récompensée par des prix prestigieux dans leur pays. Lors de la cérémonie des BAFTA, Mark Lapidus, grand patron d’un network américain, flairant le potentiel commercial de leur création, leur propose d’aller à Los Angeles pour en faire le remake.Notre couple d’anglais débarquent donc dans la ville des anges, éblouis par cette nouvelle vie qui s’offre à eux (le soleil, la maison, la piscine).

Mais très vite, l’excitation laisse place au désenchantement. Avec une bonne dose d’ironie, la série dépeint le décalage (la langue, l’humour, le mode de création) entre les scénaristes anglais et le monde dans lequel ils sont propulsés. A peine sont-ils arrivés à L.A qu’ils doivent faire face à de nombreuses difficultés. Accéder à leur domicile par exemple est déjà un parcours semé d’embûches puisque leur maison est située dans une « Gated Community » qu’ils n’arrivent même pas à franchir signifiant ainsi que ce monde possède un certains nombres de barrières (comme le nom l’indique) et de codes qu’ils ne connaissent pas. Même leur maison luxueuse n’est en fait qu’un lieu de passage où les télés réalité plantent leur décor en carton (on peut difficilement trouver plus « fake »).

Mais leur désillusion apparaît surtout au moment où ils s’attaquent à l’adaptation de leur série. Sean et Beverly découvrent rapidement qu’ils n’auront pas leur mot à dire sur le remake, devenant de simples noms au générique. Ainsi, Richard Griffiths qui est l’acteur principal de la série d’origine se voit obligé de passer un casting pour son propre rôle puis il est tout simplement exclu du projet sous prétexte qu’il aurait un accent trop british (la scène du casting, quoiqu’un peu trop longue, révèle ce désenchantement). L’acteur est finalement remplacé par une (ex)star bien connue du public américain puisqu’il s’agit de Matt Leblanc, Joey de Friends qui marque son grand retour à l’écran. Il incarne son propre rôle dans la série avec un certain degré d’autodérision même s’il n’apparaît que brièvement dans le pilote.

Finalement, face à ce monde de faux-semblants, le couple va devoir imposer ses idées sous peine de voir la série leur échapper pour devenir une énième bouse télévisuelle.

Le pilote d’Episodes est plutôt réussi même si cela manque parfois d’un peu de subtilité notamment dans sa description de l’entertainement. On sourit à quelques blagues (pas toutes) et on savoure l’ironie de ces situations qui révèlent la distance entre les codes du couple et ceux d’Hollywood. Episodes est un miroir (parfois trop déformant) sur cette télévision américaine adeptes de ces remakes sans qualités (Skins US par exemple) qui ne cessent de pulluler sur nos écrans… de purs produits commerciaux.

 

Producteurs exécutifs: David Crane, Jeffrey Klarik, Jimmy Mulville.
Réalisateur: James Griffiths. Scénaristes: Crane, Klarik.

Avec  Matt LeBlanc, Sean Lincoln (Stephen Mangan), Beverly Lincoln (Tamsin Greig), Merc Lapidus (John Pankow), Carol Rance (Kathleen Rose Perkins), Morning Randolph (Mircea Monroe).

 

Royal Republic : attention ! rock’n’roll en furie
J’étais un sale phallocrate en compagnie de Georges Wolinski sur arte le 30 Janvier
Sonia Ingrachen

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *