Musique

Royal Republic : attention ! rock’n’roll en furie

17 janvier 2011 | PAR Mikaël Faujour

On les a découverts lors de leur passage à la Flèche d’Or fin novembre et on a pris cher. Voilà du rock qui dépote, qui groove, du rock physique, remuant, nerveux, joyeux – vivace. Et drôle par-dessus tout ça. Ça vient du pays de Bergman et des Krisprolls, où Royal Republic marche plutôt pas mal. De l’énergie à revendre, des refrains à gueuler à tue-tête en sautant, et une bonne touche de Tabasco humoristique pour relever l’affaire : attention, Royal Republic déménage comme le Taz de Warner.

Il a suffi d’écouter des singles évidents « All Because of You », « Tommy Gun » ou « Underwear » pour succomber. Royal Republic, c’est fun, direct, guère cérébral et ô combien jouissif. Un bain de jouvence qui donne envie de brailler les mains en l’air, de pogoter, de jerker comme un Zébulon coké. Confirmation en concert : renversant. Charisme énorme du chanteur, drôle, groovy, sexxxy.

L’album débute avec les présentations : « The Royal », en façon de c’est-nous-que-v’là (on se souvient d’un Metallica féroce et acnéique la jouant idem sur Kill ’em All en 1983). Pas de chichi : un riff tournicotant et facétieux comme un « Sugar » de System of a Down, et en route pour 1mn30 d’un titre punko-garage et jubilant. Attention ! rock adolescent, joyeux et dansant. Royal Republic ne lève pas le pied sur un « President’s Daughter » aux relents stoner, un ton en dessous, sans être mauvais. Mais le frénético-dingo « Walking Down the Line », né d’une collision de Gang of Four et de Queens of the Stone Age remet les bouchées doubles, amenant à l’excellent single « All Because of You », 3 minutes parfaites d’un garage-pop musclé qui rappelle beaucoup The Hives.

« Full Steam Space Machine » apaise la chevauchée avec un rythme disco et un riff élastique réminiscent du « Take Me Out » de Franz Ferdinand, auquel le groupe sera sûrement souvent comparé. Le titre n’est pas parfait, mais comme les quelques chansons plus faibles de l’album, il retrouve de la vigueur sur scène. Et sur l’album, l’énergie et la jubilation du groupe sont sa grande force. De même que la bonne idée de répartir les moments forts au lieu de vider la cartouchière dans les 5 premiers titres. Les excellent singles « Tommy Gun » (ponctué d’un clin d’œil à « My Sharona » de The Knack et assorti d’un fameux clip, voir plus bas) et le drolatique « Underwear » (rencontre de Franz Ferdinand et Green Day) se détachent fortement de la deuxième partie… et rappellent un peu les Baddies.

Les mauvais plaisants diront que ça sent le réchauffé. M’enfin Royal Republic ne prétend pas refaire l’histoire du rock, mais faire et se faire plaisir – et c’est réussi. Les Suédois orchestrent la rencontre de l’énergie garage désinvolte de The Hives, la touche mélodique de Green Day, le groove lourd et sexxxy de Monster Magnet ou Queens of the Stone Age, la dinguerie des Eagles of Death Metal, le dynamisme dansant de Franz Ferdinand – cocktail fatalement payant quand il s’agit de remuer les fesses, les jambes, les bras, la glotte aussi. Hi-energy rock’n’roll à découvrir de toute urgence !

Royal Republic, We Are the Royal, Roadrunner, 2011.

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Mikaël Faujour