Cinema

L’oeil invisible de Diego Lerman, entre perversion et manipulation

04 mai 2011 | PAR Coline Crance

L’oeil invisible est le deuxième film du réalisateur argentin Diego Lerman. Il a été présenté à la Quinzaine réalisateur  en mai 2010. Adapté d’un roman Martin Kohan, Ciencias morales ( sciences morales), le film raconte Maria Teresa, jeune professeur sous la dictature d’Israel Adrian Caetano. Le film sort en salle le 11 mai 2011. 

Buenos Aires, mars 1982. Dans les rues de la capitale argentine, la dictature militaire est contestée. Maria TerEsa est surveillate au Lycée National de Buennos Aires, l’école qui forme les futures classes dirigeantes du pays. Elle a 23 ans et veut bien faire. M. Biasutto, le surveillant en chef, décèle tout de suite en elle l’employée zélée qu’il attendait. Il lui apprend a être cet oeil qui voit tout, mais qui échappe au regard des autres : l’oeil invisible. Maria Teresa entame donc une longue surveillance archarnée en traquant et décelant les moindres faux pas de ce petit monde tout en se confrontant aussi à ses propres faiblesses et désirs.

Le film de Diego Lerman est prometteur. Plan large, caméra à l’épaule, sa caméra varie les points de vues pour donner de la chair et de l’âme à cet oeil invisible qui emporte peu à peu Marisa  Teresa dans une lente et inéluctable descente aux enfers au coeur des ses angoisses et de ses désirs. Les sourcils impleccablement dessinés de ce visage mutique cachent pourtant un réel désir de liberté inavouée. Face à M. Biasutto, archétype du fonctionnaire zélé du pouvoir dictatorial, Marisa Teresa se laisse peu à peu tenter par ce vent de folie et d’irrévérence juvénile. Mais l’écueil de ce film est bien de rester toujours en surface. L’oeil invisible tente d’extérioriser cette intériorité opaque mais la caméra glisse sans s’arrêter sur les couloirs aérés et la grande cour de damier noir. Le spectateur aurait aimé un vrai temps d’arrêt et une véritable autopsie des désarrois de l’âme que ne donne malheureusement pas cette lenteur qui rythme les pas de Marisa Teresa au sein de cette institution. Et c’est dommage car chez Diego Lerman, il y a un vrai talent et un réel désir de cinéaste, alors gardons un oeil ouvert !

L’oeil invisible de Diego Lerman, film argentin avec Julieta Zylberberg, Osmar Nunez. durée : 1h36. sortie en salle le 11 mai 2011.

 

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Coline Crance

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