Cinema

La version restaurée de L’Assassin de Elio Petri

La version restaurée de L’Assassin de Elio Petri

20 juin 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Le 20 Juin une édition restaurée de L’Assassin de Elio Petri sortira dans les salles françaises. Un Marcello plus beau que jamais interprète le rôle d’un antiquaire suspecté d’un meurtre et traqué par la Police. Un aperçu ironique et toujours actuel sur les réactions humaines face à l’autorité.

Dans L’assassin (film sorti en 1961) il y a quelque chose de plus qu’une image du cliché de l’homme italien « à la Sordi », lâche et couard, caméléon flippant devant la Police. Ce film est une réflexion lucide sur les mécanismes quelque peu absurdes du sens de culpabilité de l’homme, intimidé par les accusations venant des figures du pouvoir.

Marcello Mastroianni joue le rôle de Alfredo Martelli, un jeune antiquaire qui passe sa vie à chercher des raccourcis pour trouver du plaisir et pour s’enrichir plus facilement. Son charme lui facilitant les conquêtes , sa vie semble lui avoir toujours permis de tromper ses femmes et de se tenir loin de tout sens de culpabilité. Jusqu’au moment où la Police arrive chez lui et l’emmène  au Commissariat sans lui expliquer pourquoi. Une suite de gaucheries montrent le malaise de l’accusé face à sa conscience, encore avant que la Police lui révèle la vraie raison de cette convocation. Une femme a été retrouvée morte la nuit précédente : il s’agit de son amante Adalgisa de Matteis, une dame riche à laquelle il est depuis longtemps attaché et débiteur d’argent.

Tous les indices semblent montrer sa culpabilité et ses petites mensonges, tout au long de l’interrogatoire, confirment la mauvaise conscience du jeune entrepreneur. Arriviste depuis toujours, il ne fait que cacher toutes les petites espiègleries dont il se sent coupable. Il devait beaucoup d’argent à cette femme, il continuait à tromper sa fiancée et à tricher dans son activité d’antiquaire. Un tel  individu serait-il aussi capable de tuer?

Un montage très efficace alterne les scènes de l’interrogatoire aux souvenirs, en rétrospective, des moments les plus importants de la vie du protagoniste. Les musiques prenantes de Piccioni complètent une oeuvre de grand cinéma et confirment l’opinion du critique Jean A.Gili qui voit en Petri l’un des «  analystes les plus lucides et les plus désespérés de la schizophrénie contemporaine ».

« Je suis un prophète, c’est mon fils qui l’a dit »
La parole est aux artistes, de la Renaissance à Sophie Calle, grâce aux éditions Citadelles & Mazenod
Celeste Bronzetti

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