Cinema

I can’t be invisible but I can kick your ass

03 mai 2010 | PAR Margot Boutges

Découvrez de toute urgence Kick-Ass sur grand écran ! Co-scénarisé, réalisé et produit par l’anglais Matthew Vaughn dont la filmographie est encore limitée, Kick-Ass est l’adaptation d’une série de comic-books lancée en 2008 aux Etats-Unis. De ce film on retiendra beaucoup de choses, mais surtout la prestation d’une toute jeune actrice qui a déjà atteint des sommets, Chloé Moretz.

Dave Lizewski est un lycéen américain qui a pour seul pouvoir celui « d’être invisible aux yeux des filles ». Confronté à la violence et à l’injustice du monde dans lequel il évolue quotidiennement, ce geek toujours refugié derrière son écran ou ses comics avec ses deux amis qui n’en mènent pas plus large que lui décide de devenir un super-héros alors qu’il ne dispose d’aucune aptitude physique (et intellectuelle) particulière. Il enfile un uniforme d’homme grenouille commandé sur ebay et se lance à l’assaut du crime. Mais les choses se corsent lorsqu’il se retrouve au milieu d’affrontements opposant une équipe de truands dirigée par un vrai méchant mafieux à un duo original de vrais super-héros…

Le film démarre dans une douceur relative. Pas d’immense chamboulement du genre à l’horizon, juste le plaisir de se laisser porter par une comédie adolescente des plus irrévérencieuses. Dave Lizewski est l’archétype même du jeune garçon fade et ignoré de ses tiers. En cela, il possède tous les critères du super-héros en puissance. Il est binoclard, faible, frustré (il nous ferait presque penser à un des beaux gosses de Riad Sattouf) et se consume de désir pour une jolie jeune fille de sa promo à qui il jette des œillades intimidées devant les casiers du lycée. En somme, un profil bien classique qui pourrait facilement nous évoquer un Peter Parker (Spiderman) à la sauce contemporaine. Mais le film prend vite un autre chemin. Plutôt qu’un revirement, il appuie brutalement sur l’accélérateur lorsqu’une bagnole vient percuter le héros de plein fouet. La violence extrême impressionne et nous fait comprendre qu’on a affaire à autre chose. Sans aller jusqu’à dire que Kick-Ass est LE film de super-héros qu’on n’ attendait pas (il s’inscrit en effet dans la lignée des nouveaux films de super-héros destroy façon Hancock), il surprend par son originalité. Il distille une violence décomplexée et un humour noir et trash que l’on avait encore rarement vu sur les écrans. Il constitue un dépassement perpétuel des limites du bon-goût (jusqu’ à maintenant, une violence extrême exercée sur des enfants nous apparaissait comme un dernier rempart de la censure). Les codes volent en éclats !

Le film est porté par un casting impressionnant. La trame scénaristique, constituée de deux histoires parallèles qui finissent par se rejoindre, confronte et associe la destinée personnelle du héros Kick-Ass interprété par l’excellent Aaron Jonhson et une histoire de vengeance ancestrale menée par un Nicolas Cage génial et moustachu (Big daddy) et sa fille Hit Girl. Cette dernière est interprétée plus que brillamment par la très jeune Chloé Moretz (douze ans au moment du tournage), que l’on avait entraperçu dans 500 jours ensemble sans en avoir gardé plus de souvenirs que ça. Elle incarne une héroïne d’une force incroyable qui nous rappellerait presque le personnage et la performance d’Uma Thurman dans Kill Bill. Elle sait se montrer implacable dans la violence  tout en conservant toujours le public de son côté, quel que soit le nombre de têtes qu’elle fait tomber ou les litres d’hémoglobine qu’elle fait verser. La référence au film de Tarantino est d’ailleurs explicite dans plusieurs scènes.

On appréciera la portée sociologique du film qui est un portrait jubilatoire du monde supramédiatique contemporain. Du buzz sur Youtube engendré par la vidéo volée de Kick-Ass dans ses actions héroïques au phénomène facebook/myspace, le film s’interroge sur la difficulté de garder un anonymat et une vie privée dans un monde où la mise en vitrine perpétuelle de nos actions privées est rentrée dans la vie quotidienne.

Au final, il s’agit d’un film, jouissif et impertinent, une comédie hilarante doublée d’un film de baston qui ravira les amateurs du genre. Un film  en accélération perpétuelle qui nous maintient jusqu’à la fin en état de siège. Au son d’une musique d’enfer.

Déjà culte.

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Margot Boutges

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