Cinema

Dernière minute- Les cinémas Utopia confirment le boycott du cinéaste Léonid Prudovsky

10 juin 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les jours passent et les informations se contredisent. Alors que Rue 89 relayait l’information disant la levée du boycott des cinémas Utopia envers le réalisateur de 5 Heures à Paris, Rébécca Frasquet déclare pour l’AFP que « la pression s’accroit sur Utopia , qui maintient le boycott d’un film israélien ».

PARIS, 10 juin 2010 (AFP) – Artistes, professionnels du 7e Art et jusqu’au ministre de la Culture ont mis la pression sur Utopia jeudi, mais le réseau de cinémad’art et d’essai persiste dans sa décision de déprogrammer un film israélien pour protester contre la politique de l’Etat d’Israël.

« Je tiens à vous faire part de mon incompréhension et de ma désapprobation à l’égard de cette décision », a déclaré Frédéric Mitterrand dans une lettre adressée à Anne-Marie Faucon, co-fondatrice d’Utopia dont l’AFP a obtenu copie.

« Ma déception est d’autant plus grande que j’ai toujours eu le sentiment que le réseau Utopia était ouvert à toute la diversité du cinéma et participait, à sa façon, à ce débat démocratique », a poursuivi le ministre.

Cette déprogrammation est « d’autant plus navrante et incompréhensible que le nouveau cinéma israélien a toujours posé un regard lucide et critique sur le conflit israelo-palestinien et n’a jamais éludé ce débat », affirme-t-il.

Utopia a retiré de la programmation de deux de ses six salles en France, le film « A 5 heures de Paris » de l’Israélien Léon Prudovsky – attendu le 23 juin sur quelque 80 écrans – pour manifester son indignation après le raid meurtrier de l’armée israélienne contre une flottille d’aide humanitaire à Gaza.

Jeudi les responsables du circuit de salles n’envisageaient pas de faire machine arrière, mais se disaient surpris par l’ampleur des protestations suscitées par sa décision, en France comme à l’étranger, émanant du monde du cinéma ou d’organisations anti-racistes telles que SOS Racisme ou la Licra.

« Nous sommes soufflés, nous recevons même des coups de fil d’Angleterre et des Etats-Unis. Visiblement ce qui a scandalisé, c’est que l’on s’en prenne à Israël », a déclaré à l’AFP Michel Malacarnet, l’un des responsables d’Utopia.

« Nous ne changerons absolument pas notre position. Il nous semble que face à l’indigence de la réaction des Etats, il faut que les citoyens prennent position », a-t-il poursuivi.

Dans sa réponse au ministre, transmise à l’AFP, Utopia estime que son « geste symbolique et limité dans le temps n’a rien d’une censure » et « ne nuit pas » au film que le réseau diffusera en juillet, à une date non définie.

Des débats avec des réalisateurs israéliens seront organisés, auxquels Utopia va inviter Léon Prudovsky, précise encore le circuit.

Cette « déprogrammation ponctuelle » s’inscrit « dans la droite ligne des appels à un boycott plus ou moins radical lancé par Jane Fonda, Ken Loach, certains groupes de rock et des écrivains dont Henning Mankell », dit Utopia.

Ces appels, poursuit la lettre, ont été « relayés à l’intérieur même d’Israël par des intellectuels, des artistes et des groupes qui ne voient plus d’autre moyen de faire infléchir la dureté d’un Etat sensible à l’image qu’il donne de lui ».

Jeudi sept organisations du 7e Art représentant producteurs, distributeurs, éditeurs de films mais aussi auteurs, réalisateurs et scénaristes, ont demandé à Utopia de « revenir sur son boycott et de maintenir la diffusion du film ».

L’APC, le DIRE, le SNAC, le SPI, la SRF, l’UNEVI et l’UGS dénoncent « une forme de prise d’otage de la culture ».

De son côté, l’ARP, qui représente des auteurs, des réalisateurs et des producteurs, estime qu’en « voulant dénoncer la politique d’un pays, Utopia se contente de faire un raccourci des plus regrettables et des plus dangereux ».

Utopia compte six cinémas en France, à Toulouse et sa banlieue, Montpellier, Bordeaux, Avignon, Saint-Ouen l’Aumône.

AFP _101911     JUN 10

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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