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Classiques : Ambre et Carmen Jones, deux chefs d’oeuvre d’Otto Preminger à nouveau à l’écran

Classiques : Ambre et Carmen Jones, deux chefs d’oeuvre d’Otto Preminger à nouveau à l’écran

16 décembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Après le succès de la réédition de « Bonjour Tristesse » (1958, voir notre critique), le réalisateur autrichien le plus doué d’Hollywood est à nouveau à l’honneur pour les fêtes avec le diffusion en salles de deux films trop peu connus : le royal « Ambre » (« Forever Amber », 1947) et la transposition de l’opéra de Bizet aux États-Unis pendant la seconde Guerre mondiale : « Carmen Jones » (1954).  A voir sur grand écran à partir du 21 décembre.

Adaptant le roman de d’après le roman de Kathleen Winsor, Otto Preminger confie le rôle-titre de « Ambre » à Linda Darnell qu’il avait déjà faite tourner dans « Crime passionnel » (1945) et « Quadrille d’amour » (1946). Figure de femme forte et volontaire dans l’Angleterre du 18e siècle, Ambre est sortie par la force de poignet de son auberge de campagne. Elle arrive à devenir la favorite du roi Henri II après avoir connu les affres des prisons londonienne. Portrait de femme à la fois légère et forte, fatale et fidèle à son premier amour, Ambre est un morceau d’orfèvrerie psychologique et historique, où l’on retrouve la finesse et le réalisme du réalisateur de « Laura » (1944) quant il s’agit de plonger dans les méandres de l’éternel féminin. Darnell est tout simplement éblouissante, et, avec « Exodus » (1960), « Ambre » est probablement le film de Preminger qui pousse le mieux l’épopée du côté de l’émotion brute sans jamais complétement tomber dans le mélodrame.

« Ambre » (« Forever Amber »), d’Otto Preminger, avec Linda Darnell, Cornel Wilde, George Sanders, Richard Greene, USA, 1947, 138 min.

 

Adapté par Oscar Hammerstein (Sound of music, Showboat) pour le public de langue anglaise, la Carmen de Bizet est transformée par Preminger, qui transpose l’intrigue à Jacksonville, pendant la Seconde Guerre mondial, dans un univers déjà zazou et entièrement african-american. En séductrice innée, Dorothy Dandridge a déjà quelque chose de Bardot dans « Et Dieu créa la femme », une animalité et un goût de vivre qui rendent la femme fatale mais jamais manipulatrice. L’échappée belle ne se fait plus à la frontière espagnole mais à Chicago où l’on peut passer entre les mailles de la prohibition. Et le Toréador se fait bien sûr boxeur. Abandonnant le lourd kitsch hispanisant de l’opéra français, Preminger parvient à éviter un orientalisme intérieur en donnant des ailes à son héroïne. Film à chansons, plutôt que réelle comédie musicale, « Carmen Jones » n’en demeure pas moins parfaitement maîtrisé dans sa bande son, Dandridge et son Don « Joe », Harry Belafonte étant doublés pour la voix. En double vocal ed Carmen, l’on trouve la star montante du lyrique et jeune mezzo-soprano Marilyn Horne! Un spectacle très gracieux.

« Carmen Jones« , d’Otto Preminger, d’après la pièce musicale d’Oscar Hammerstein II tirée d’un opéra-comique de Georges Bizet, Meilhac et Halévy et de la nouvelle de Prosper Mérimée, avec Dorothy Dandridge, Harry Belafonte, Olga James et Pearl Bailey, USA, 1954, 107 min.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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