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Cannes, jour 8 : Sofia Coppola nous enthousiasme, rencontre avec l’équipe de Tesnota et fête à la villa Doumergue

Cannes, jour 8 : Sofia Coppola nous enthousiasme, rencontre avec l’équipe de Tesnota et fête à la villa Doumergue

25 mai 2017 | PAR La Rédaction

Journée contrastée en ce mercredi ensoleillé, qui a commencé par du Coppola « fan de » et qui s’est terminé, une fois n’est pas coutume, dans les coulisses du petit écran avec l’enregistrement de l’émission « On n’est pas couché ».

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Remake d’un classique de Don Siegel, Les Proies de Sofia Coppola a permis de retrouver en compétition le couple Nicole Kidman / Colin Farrell, après Mise à mort du cerf sacré de Yorgos Lanthimos (pour lire notre critique de Mise à mort…, cliquez ici). Dans les décors de la Guerre Civile américaine, cette fois… Pointue, fine, exploitant la féminité vaporeuse dont elle a le secret, dans un cadre théâtral de thriller historique, Sofia Coppola étonne, séduit et intéresse. Ses actrices en volière désireuses du soldat blessé sont excellentes (Nicole Kidman, Elle Fanning et l’irremplaçable Kirsten Dunst). On rit et on se laisse prendre par le rythme d’une action chirurgicalement menée. Pour lire notre critique des Proies, cliquez ici.

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A 11h, nous avons voyagé vers le Congo avec Makala de Emmanuel Gras (à qui l’on devait notamment Bovines, présenté en 2012 à l’Acid). Un film à la photo extraordinaire qui suit un jeune couple essayant de bâtir sa propre maison, avec les revenus que lui procurent la très physique création et la vente de charbon. Le périple du mâle Kabwita Kasongo apparaît comme un voyage initiatique…

A 11h, du côté de la Quinzaine des réalisateurs, les festivaliers faisaient une drôle de rencontre : celle de Salim Shaheen, cinéaste prolifique et complètement barré, originaire d’Afghanistan. La salle a rapidement été conquise par l’humour et l’audace qui se dégagaient de Nothingwood de Sonia Kronlund. Pour lire notre critique de Nothingwood, cliquez ici.

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A 13h, la section Semaine de la Critique nous a donné rendez-vous pour un déjeuner au cours duquel le travail de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, ou OFAJ, s’est trouvé évoqué. Créé sous les mandats de Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, il est plus que jamais, aujourd’hui, partenaire des grands festivals de cinéma européens. Ainsi, à Cannes, la Semaine de la Critique accueille tous les ans des élèves de lycée, qui assistent à des masterclasses et participent à des ateliers, avec un thème bien précis : la critique de cinéma. Le but : qu’ils transforment leur avis sur les films en production réfléchie, et qu’ils trouvent de la complémentarité entre eux. Apprendre à accueillir, en soi-même, mais aussi en groupe, les films, pour ensuite avoir envie de vivre ensemble en Europe. L’organisme, ancien, fonctionne désormais à plein régime, plus que jamais. Signe d’envies communes… Parmi les participants au déjeuner, on a pu côtoyer Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique, Dany de Seille, attachée de presse de la section cannoise, Thierry Méranger, critique aux Cahiers du cinéma, Sandrine Bonnaire, cette année présidente, au Festival, du jury de la section Oeil d’or, consacrée aux documentaires, Frédéric Beigbeider, ou Christopher Buchholz, directeur du Festival International du film francophone de Tübingen/Stuttgart.

A 14h, toujours à la Quinzaine, nous sommes allés faire un tour du côté du cinéma indonésien avec Marlina, la tueuse en quatre actes, un néo-western surprenant, où une jeune femme tente d’échapper aux hommes qui l’ont violée. Très contemplatif et lent, le film s’octroie quelques jets de violence par à-coups, provoquant ainsi quelques situations improbables où l’humour fait redescendre la tension.

A 14h, place au thriller politique avec le nouveau film de Santiago Mitre, La Cordillera, dans la section Un certain regard. Nous étions ravis de retrouver l’acteur de Dans ses yeux, Ricardo Darin, pousser la cause de l’Argentine à un grand congrès réunissant tous les leaders d’Amérique Latine autour de la question du pétrole. Mais le scénario nous a semblé un peu elliptique et la réalisation pas tout à fait à la hauteur de ce que nous attendions du réalisateur argentin.

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A 15h, nous avions rendez-vous chez Wild Bunch pour rencontrer, avec les équipes de l’Eicar, le réalisateur de Tsenota, Kantemir Balagov et son actrice principale, la jeune et brillante Daria Jovner. Tsenota, ou Une vie à l’étroit, premier film très maîtrisé, se passe à Naltchik, dans le Caucase. Il met en scène la (non) rencontre de plusieurs communautés – les Juifs et les Kabardes – et parle du sacrifice demandé à une jeune fille pour sauver son frère… Un de nos coups de cœur de la section Un certain RegardPour lire notre critique de Tesnota, ou Une vie à l’étroit, cliquez ici.

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La Quinzaine des réalisateurs s’est terminée avec La Défense du dragon, un long métrage assez terne, mais qui nous plonge dans le quotidien de trois vieux hommes, fans de jeux d’échec. Avec un sujet assez insolite et peu sexy, la réalisatrice colombienne tente un pari plutôt convaincant.

Côté Compétition, c’est le film de Sergei Loznitsa, Une femme douce, tourné donc entre Ukraine et Russie, qui a monopolisé nos efforts. Récompensés : à 19h10, nous sommes entrés pour découvrir le film. Qui nous a tenu en haleine tout du long, jusqu’à ce que… Pour lire notre critique d’Une femme douce, cliquez ici.

A 20h30, la terrasse Mouton Cadet adoptait la thématique rosée de son vin de la même couleur. Au coucher du soleil, avec une vue splendide sur toute la ville de Cannes depuis le Palais, en dégustant du cœur de saumon et de la glace faite minute, nous avons donc siroté du rosé et dansé parmi les élégants convives de cette Ice Pool Party féerique.

Enfin nous sommes arrivés à l’impressionnante Villa Doumergue vers 23h, alors que s’y terminait le tournage de l’émission de France Télévision, On n’est pas couché. Un large public buvait dans des jolis verres sur la terrasse de cette villa de taille impressionnante, regardant comme dans un amphithéâtre grec vers le plateau de télévision. Un concert de Julien Doré (très inspiré et qui s’est baladé dans le public avec ses plus grands tubes) a clôturé l’émission, avant que la danse et la fête ne lui succèdent.

Du côté de la Villa Schweppes, un événement avait lieu : le concert très attendu d’IAM. Le dancefloor du lieu était plein à craquer, Akhenaton et Shurik’n épuisés à la fin de cette performance qui vit ce vaste public vibrer d’un seul mouvement, et hurler à tout rompre. Avec bien sûr, aussi, les éternels membres du groupe culte des années 90 DJ Kheops, Imhotep et Kephren… Et encore d’autres, présents ce soir pour participer à l’ambiance. Un carton plein, où tout le monde eut les yeux rivés vers la petite scène. A la sortie de ce concert, on put profiter, sur la terrasse, des cocktails riches en Schweppes bien entendu, mais aussi du passage aux platines de Greg Boust, au cours duquel fut d’ailleurs balancé le célèbre « Belsunce Breakdown », bande originale du film Comme un aimant, co-réalisé par Akhenaton, d’IAM… Et puis de l’équipe du film Zombillénium, présente pour une soirée à thème, suite à la présentation de cette production en dessin animé, l’après-midi même, au sein de la Sélection Officielle. Une Séance Enfants, pour laquelle des classes avaient été convoquées, et des animations imaginées… Son co-réalisateur, Arthur de Pins, était là, et on put parler avec lui de ses bandes dessinées, prolongées ici sur grand écran, de l’accueil du film au cours de la journée, et du Festival d’Annecy, où Zombillénium arrivera très attendu. Avant sa sortie le 18 octobre… Par la suite, niveau danse, nos pieds ont vibré sur les rythmiques balancées par DJ James, Naughty J, Leam et Sced. Qui avaient préparé une sélection de sonorités hip-hop retravaillées, rien que pour nos corps… Et l’ambiance put ne pas faiblir… Belle suite pour l’anniversaire des 10 ans de la Villa, fêté à renforts de programmation, et d’organisation, de grande qualité ! Aptes à nous prodiguer plein de bonheur…

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La Rédaction

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