Cinema
Cannes, jour 5 : Maïwenn sur le couple, Van Dormael et Jeremy Saulnier trépidants

Cannes, jour 5 : Maïwenn sur le couple, Van Dormael et Jeremy Saulnier trépidants

18 mai 2015 | PAR La Rédaction

Cinquième jour de soleil ininterrompu sur la croisette. Le week-end s’est terminé dans une explosion de festivaliers qui a bien ralenti notre rythme de projections mais nous a néanmoins permis de bronzer un peu dans les files d’attente de plus d’1h pour voir (ou ne pas voir) certains films. Parmi les jolies surprises de la journée : Maïwenn a gardé son style viscéral, Van Dormael nous a fait rire et Jérémy Saulnier nous a effrayés.

La journée a commencé avec une histoire d’amour. Celle que Maïwenn a fait incarner à Emmanuelle Bercot (qu’on a  vu monter les marches comme réalisatrice, le jour de l’ouverture avec La Tête Haute) et Vincent Cassel. Le regard si charnel et le cinéma si viscéral de Maïwenn sont bien là dans Mon roi qui fait sourire et prend aux tripes. Mais l’urgence de la création qui avait animé ses trois premiers films s’est un peu érodée. Rien de neuf au rayon des histoires d’amour dans le 7ème art mais un moment néanmoins touchant. Pour lire notre article, c’est ici.

Pour nous voir parler de Maïwenn dans une mise en scène aboutie de l’EICAR, cliquez ci-dessous:

Du côté de la Quinzaine des Réalisateurs, la journée a commencé sur les chapeaux de roue avec la découverte du nouveau Jaco van Dormael. Ovationné par le public, Le Tout Nouveau Testament est en effet très réussi et son humour très particulier le fait se hisser à la première place de notre classement de la Quinzaine (lire notre critique).

Difficile ensuite de continuer sa lancée avec un documentaire sur l’ancien président chilien Salvador Allende. Très voire trop intimiste, le film de Marcia Allende, titré Au-delà d’Allende, mon grand-père, délaisse le spectateur pour réaliser son film / devoir de mémoire (lire notre critique ici).

Un certain regard nous a offert, à 14h, son film impossible :  Vers l’autre rive, nouvelle oeuvre de Kiyoshi Kurosawa. Une première demi-heure où on a essayé de s’expliquer les parti-pris, une heure ensuite où on a suivi des scènes bien jouées, mais qui ne menaient pas vers un enjeu clair… Et une dernière demi-heure où on a dormi. Vers l’autre rive est un film dont l’auteur seul a toutes les clés. Les fantômes qu’il montre n’en sont pas vraiment ; on passe son temps à se demander qui est mort, qui est vivant ; tout est fait pour égarer, avec une forme qui verse souvent dans l’anonyme… Certains aimeront. Notre critique, en tout cas, est à lire ici.

Mais Un certain regard nous a aussi emmenés en ex-Yougoslavie, où le réalisateur croate Dalibor Matanic nous proposait avec Soleil de Plomb  (Zvizdan) trois histoires permettant une coupe à travers le temps (1991-2001-2011) d’un village déchiré par le conflit entre serbes et croates. Ancré autour d’un lac paradisiaque, porté par une musique entraînante, et joué par les mêmes comédiens à qui les rôles sont redistribués, le film présente à chaque fois des histoires d’amour impossibles. Ce Roméo et Juliette transposé dans les Balkans pose avec force et beauté d’importantes questions. Voir notre critique ici.

A la Semaine de la Critique, le coup de cœur du jour a été le film des frères Arab et Tarzan Nasser, Dégradés, qui permettait de suivre trois portraits percutants de femmes palestiniennes. Notre critique, ici.

Plus tard dans l’après-midi, alors qu’une partie de l’équipe se réunissait au Martinez, nous avons pu interviewer dans son mythique bar art déco un personnage important du Festival dans les 15 dernières années : Frank Pietra, qui s’occupait de conduire, protéger et chouchouter les stars. Il nous a parlé d’un Cannes moins connu et partagé avec nous des anecdotes drôles et touchantes sur ces coulisses du Festival. Il nous a aussi parlé d’écriture, de ses mémoires, promises à un grand succès de librairie et d’un grand interêt de plusieurs producteurs pour transformer sa vision du Festival de Cannes en film. Peut-être le verra-t-on prochainement monter les marches comme auteur !

Dans la cadre de Cannes Classics, le Palais du Festival célébrait cette année les 120 ans de la naissance du Cinématographe avec Lumière!, projection d’un montage de films des frères Lumière dans le Grand Théâtre… Lumière. Une très belle séance, entre hommage et célébration.

Côté Quinzaine, la journée s’est terminée sur une bonne note avec la projection de Green Room, thriller gore qui ne nous fait pas de cadeau. Jeremy Saulnier (que nous aurons en interview demain !) fait s’opposer punks et néo-nazis à coup de machettes et de fusils à pompe. Bien maîtrisé dans son ensemble, une once de déception s’y fait tout de même ressentir. Plus de détails dans notre critique ici.

Et dans notre interview :

Demain, au programme d’une autre journée riche, pas mal de rattrapages que les longues files d’attente d’aujourd’hui ont induits : Carol, de Todd Haynes, et Louder than Bombs de Joachim Trier. Nous découvrirons également le Valerie Donzelli et le Stéphane  Brizé. A demain.

Retrouvez tous les articles sur cette édition du Festival de Cannes dans notre dossier qui y est spécialement consacré

Visuel : (c) YH HS CC

[Interview] Santoré : « trouver un équilibre entre quelque chose de très euphorique et de plus triste »
Le roi du blues B.B. King a tiré sa réverrence
La Rédaction

One thought on “Cannes, jour 5 : Maïwenn sur le couple, Van Dormael et Jeremy Saulnier trépidants”

Commentaire(s)

  • Bonjour,
    Pour le soleil de plomb difficile de remonter vraiment dans le temps.
    C’est la raison des dates si proches, le film est orienté, dommage.

    Cordialement

    mai 18, 2015 at 18 h 30 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *