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[Quinzaine des réalisateurs] « Green Room », un thriller brutal et jouissif

[Quinzaine des réalisateurs] « Green Room », un thriller brutal et jouissif

18 mai 2015 | PAR Hugo Saadi

Deux ans après son passage remarqué à la Quinzaine avec Blue Ruin, Jeremy Saulnier est de retour. Green Room procure le même effet et scotche le spectateur grâce à des excès de violence jouissifs et une écriture simpliste mais bien dosée.

[rating=4]

 

 

On ne va pas vous mentir, au sortir de la projection, la note comprenait une étoile de moins. La raison ? Une légère déception se faisait ressentir. La faute à un précédent film rondement mené et surprenant. Avec Green Room, Jeremy Saulnier reprend l’arc scénaristique qu’il avait admirablement développé dans Blue Ruin. Il s’appuie donc sur des personnes lambdas, les met au pied du mur afin de réveiller le guerrier qui sommeille en eux dans une intensité fracassante. Dans Green Room, ce sera donc un groupe de jeunes musiciens punks qui en feront les frais, une fois détenus par une bande de néo-nazi après avoir assisté à un acte de violence.

 Doté d’une belle photographie, le film nous plonge petit à petit dans une ambiance chaotique que l’on sent approcher, le groupe de skinheads ne souhaitant pas laisser de témoins … Dans la première partie du film, Jeremy Saulnier prépare sa casserole qu’il va mettre sur le feu par la suite. Il laisse tranquillement le tout bouillir avant le grand débordement final qui éclaboussera tout le monde. S’ensuit alors une opposition musclée à coups de machette, cutter et fusil à pompe entre les deux groupes, l’un retranché dans une pièce, l’autre préparant minutieusement leur opération de nettoyage de témoins.

Même si le suspens s’évapore plutôt rapidement, Saulnier maintient une tension haletante et impose un rythme électrique grâce à une superbe gestion de l’espace restreint usant de multiples plans afin d’entretenir une peur permanente pouvant surgir de tous les côtés. Enfermé pendant l’intégralité du métrage, le final se déroulera en pleine nature et sera tout autant explosif. Niveau casting, Anton Yelchin (vu dans Star Strek) est très carré en leader des punks, tandis que dans le gang opposé, Patrick Stewart (professeur Xavier dans X-Men) en impose et que Macon Blair, la star de Blue Ruin, trouve ici un rôle plus en retrait mais qui nous fera décocher quelques sourires bien dark.

Green Room un film de Jeremy Saulnier, avec Anton Yelchin, Imogen Poots, Patrick Stewart, thriller américain. 1h34.

 Retrouvez tous nos articles sur le 68ème festival de Cannes dans notre dossier Cannes 2015.

Visuel © Broad Green Pictures

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