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Cannes 2022, Compétition : Un petit frère, chronique qui démarre bien mais se perd

Cannes 2022, Compétition : Un petit frère, chronique qui démarre bien mais se perd

28 mai 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Bien dommage : après une première partie réaliste et prenante, servie par la magnifique Annabelle Lengronne, cette chronique d’immigrés sur plusieurs décennies tombe dans des scènes plus vaines.

Rose vient s’installer en France à la toute fin des années 80, avec deux enfants, Jean et Ernest. Elle a quitté l’Afrique en laissant pas mal de ses douleurs derrière elle. Accueillie chez sa famille dans une cité de banlieue parisienne, elle n’entend pas renoncer à son fort caractère : ainsi par exemple, elle ne laisse pas mes hommes la choisir, elle les choisit… Elle prendra ses décisions, entraînant sa famille proche avec elle sur des chemins pas toujours tranquilles.

Ce deuxième film de Léonor Serraille, gagnante de la Caméra d’or en 2017, commence d’abord bien : ce qu’il raconte n’est pas totalement inédit mais la cinéaste parvient à sculpter un beau portrait de femme, très sensible. L’interprétation magnifique d’Annabelle Lengronne, qui laisse lentement effleurer ses sentiments intérieurs, et est cadrée sous la sublime photo aux teintes métalliques d’Hélène Louvart, participe totalement de cet effet. On suit les scènes avec passion, pas mal de sujets sont traversés mais l’écriture va à l’essentiel.

Ensuite, tout se complique hélas un peu : à mesure que Jean et Ernest deviennent plus grands, leurs hésitations et errements sont donnés à voir, d’une manière que l’on pourra trouver parfois trop appuyée. On les suit bientôt dans quelques scènes un peu poseuses, anormalement longues, qui rompent de façon un peu triste avec le ton du début. Le talent de certains interprètes Stéphane Bak, massif et tout sensible, Thibaut Evrard et son charisme monstrueux – a beau jouer le temps de quelques plans, on décroche…

Retrouvez tous les films du Festival dans notre dossier Cannes 2022

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Visuel : © Blue Monday Productions – France 3 Cinéma

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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