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Cannes 2022, Jour 11 : Kore-eda, Reichardt et Serraille en compétition et nos pronostics

Cannes 2022, Jour 11 : Kore-eda, Reichardt et Serraille en compétition et nos pronostics

28 mai 2022 | PAR La Rédaction

Dernier jour plein de compétition sur la croisette, où l’ambiance long week-end vient doucement remplacer le suspense haletant des films qui s’enchaînent…

Par Yaël Hirsch et Geoffrey Nabavian.

À 8h30, sous un soleil brûlant et en place de dernière minute, nous avons pu rattraper en salle Lumière le film de Kore-eda Les bonnes étoiles. Une comédie bien rythmée autour d’un couffin attachant. Le réalisateur japonais y est à la fois implacable et très tendre, comme à son habitude. C’est aussi son premier film en Corée. 

Les deux derniers films de la compétition

Dans le Grand Théâtre Lumière, on a pu assister à 15h15 à la projection de Showing up, la nouvelle réalisation de Kelly Reichardt. La réalisatrice a su ici parfaitement imposer sa patte toute douce, nous attrapant avec sa mise en scène très sensible, et nous entraînant à la suite d’une jeune sculptrice préparant son exposition, et perturbée par un peu tout autour d’elle, de sa famille pour laquelle elle s’inquiète à un pigeon blessé. Michelle Williams fait absolument merveille dans ce rôle.

Enfin, à 17h, l’ultime prétendant à la Palme d’or en cette année 2022 a été dévoilé devant nous : Un petit frère, de Léonor Serraille, lauréate de la Caméra d’or en 2017. Si cette chronique de la vie d’une mère et de ses deux enfants venus d’Afrique en France à la toute fin des années 1980 s’avère d’abord prenante, imposant un grand sentiment de proximité – il faut dire qu’Annabelle Lengronne se révèle, aussi, une actrice fantastique – le film s’égare un peu dans des scènes flottantes et quelque peu vaines à mesure que les deux jeunes grandissent, malgré l’interprétation de premier plan de Stéphane Bak, entre autres.

La Queer Palm décernée

Enfin, à 22h, dans le cadre ultra travaillé sur le plan esthétique du Silencio, la Queer Palm a été remise. Créée en 2010 par Franck Finance-Madureira, elle voyait son jury de cette année présidé par la réalisatrice française Catherine Corsini, lauréate l’année d’avant, et entourée pour l’occasion de Marilou Duponchel, Stéphane Riethauser, Djanis Bouzyani et Paul Struthers. Leur choix s’est porté cette année sur Joyland, film issu d’un pays peu représenté à Cannes, le Pakistan, et projeté au sein d’Un certain regard (dont les prix ont également été remis hier, lire notre article ici). L’itinéraire d’un homme devant avoir le courage de devenir lui-même, au sein d’une famille très traditionnelle. Côté courts métrages, c’est Regarde-moi, de Shuli Huang, présenté pendant la Semaine de la Critique, qui a remporté le prix. Le jury a tenu à saluer l’émotion qui se dégageait de ce dialogue, essentiel, entre un fils et sa mère, sur des sujets pas simples dans la Chine actuelle. Une soirée qui permettait aussi de faire quelques pas sur la terrasse à ciel ouvert, en regardant une dernière fois la nuit cannoise, et en rêvant à l’édition de l’an prochain, avec ses pays inattendus invités et ses torrents d’émotion à vivre.

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Visuel 1 : © Geoffrey Nabavian

Visuel 2 : Remise de la Queer Palm © Geoffrey Nabavian

Visuel 3 : au Silencio à Cannes © Geoffrey Nabavian

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La Rédaction

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