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[BERLINALE, JOUR 1] COUP D’ENVOI DE LA 67ÈME ÉDITION

[BERLINALE, JOUR 1] COUP D’ENVOI DE LA 67ÈME ÉDITION

10 février 2017 | PAR William Meignan

Le coup d’envoi de la 67ème édition du festival du film de Berlin a été lancé ce jeudi 9 février à Potsdamer Platz. La conférence de presse présentant le jury a donné le ton de la compétition. Au programme : engagements politiques, controverses et prise de risques. S’en est suivi la projection du film d’ouverture : Django, le premier film réalisé par Etienne Comar, sur le génie du jazz manouche, Django Reinhardt.

C’est dans le froid et la bonne humeur que s’est ouvert la Berlinale. Porté par un Paul Verhoeven enthousiaste, le jury qui s’apprête à voir et à juger les 18 films en compétition, se veut porteur d’ouverture et d’amour. Il se dit prêt « à recevoir des messages, écouter différentes voix et les célébrer ».

« We can’t get away from the state of the world we are living in » Dora Bouchoucha Fourati

 

Le jury international de la compétition est cette année composé du réalisateur danois Paul Verhoeven (Elle, 2016), de la productrice tunisienne Dora Bouchoucha Fourati (productrice de Hedi, 2016), de l’artiste contemporain islandais Olafur Eliason (Tate Modern), de l’actrice américaine Maggie Gyllenhaal, de l’actrice allemande Julia Jentsch (24 Wochen, 2016), de l’acteur et metteur en scène mexicain Diego Luna (Rogue One) et enfin du metteur en scène et scénariste chinois Wang Quan’an, ours d’or 2007 avec Tuya’s Marriage.

Si le jury, par la voix de son président, annonce être là « pour regarder des films et juger de leur qualité et non pas de leur contenu politique », il semble toutefois clair que les membres de jury ne vont pas rester insensibles à l’état actuel du monde et aux messages politiques portés par les films en compétition.

En effet, Paul Verhoeven a d’abord rappelé son admiration pour la Berlinale « pour le courage et les grands efforts » que le festival fait « pour ne pas être dépendant du marché [financier] » contrairement à Hollywood où « tout est à propos d’argent et de banques ». L’acteur mexicain interrogé sur la construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis sort la carte de l’amour contre la haine et les barrières qui se dressent : « Sending a message of love is the only way to fight hate. I’m not going to let any wall get in between me and my love stories”. L’actrice américaine, Maggie Gyllenhaal arrive, elle aussi, à voir du positif dans la récente élection américaine : “The only positive thing, is that it has to be a reaction from the people”.

Sans être concentré uniquement sur l’aspect irrémédiablement politique de la compétition, le jury a rappelé ses attentes artistiques quant aux films présents à la Berlinale. C’est sans doute l’artiste visuel islandais qui a le mieux mis les mots dessus en rappelant la richesse et la diversité des films présents (plus de 300), pendant ces 10 jours de festival : « When I say “I know that feeling, it’s like what I feel”, when I am being recognize, being listened to, that tells me that I exist. That is what great movies make you feel. They make you feel like you are a part of the world, not excluded, not different. »

C’est aussi imprégné des ombres du désordre politique mondial que s’est déroulé la cérémonie d’ouverture. Mais qui a dit que les Allemands n’avaient pas d’humour ? Car bien que hantée par Trump, le Brexit et la montée des populismes et leurs conséquences déjà palpables – ce que n’ont pas manqué de rappeler lors de leurs discours le maire de Berlin, Michael Müller, et la secrétaire d’Etat à la Culture, Monika Grütters -, cette cérémonie fût avant tout drôle et agréable grâce au talent de sa modératrice, l’actrice Anke Engelke. C’est par l’ironie qu’un hommage appuyé a ainsi était rendu à la présidente du jury de l’an passé, Meryl Streep. D’autres blagues, tout aussi réussies et plus légères par leurs sujets, ont fini d’ancrer le festival à Berlin en se moquant avec impertinence de plusieurs aspects propre à la capitale allemande, sans épargner la classe politique locale, présente, qui en a pris pour son grade.

Après la présentation des nouveautés de cette édition, ses nouveaux prix et jurys, d’un passage hilarant sur le Dalai-Lama, le bouddhisme, le renoncement aux biens matériels qui s’est achevé en hommage aux sponsors (L’oréal et Audi entre autres), le temps de l’ouverture à proprement parler arrive avec la présentation des films de la Compétition (Wettbewerb).

Dans la grande diversité des films selectionnés, plusieurs d’entre eux sont particulièrement attendus par la presse et par le public. C’est le cas des plus grosses productions comme Trainspoting 2 de Danny Boyle, suite du film culte anglais de 1996 ou de Logan, film de James Mangold avec Hugh Jackman, Patrick Stewart et Richard E. Grant sur le superhéros Wolverine. Parmi les films allemands, Return to Montauk de Volker Schlöndorff avec l’actrice Nina Hoss (Phoenix, Barbara) est spécialement attendu. A l’international, que ce soit au Nord de l’Europe, en Afrique avec Félicité de Alain Gomis ou en Asie avec le film d’animation Have a Nice Day du chinois Liu Jian, de nombreuses surprises sont également à prévoir.

Bien des sujets sérieux vont être abordés au cours des 10 prochains jours, mais comme le déclarait à la presse ce matin Dieter Kosslick, le directeur décalé du Festival, « quand l’étau se referme, l’humour aide ». C’est ainsi que les ultimes interventions de Kosslik et de Paul Verhoeven, toujours accompagnés par Engelke sont hilarantes. La fameuse formule « je déclare ouvert… » prononcé en allemand puis en néerlandais prolonge et achève enfin cette cérémonie sur cette même innocente légèreté.

La cérémonie d’ouverture terminée au Berliner Palast, le festival peut enfin commencer avec la projection de la première mondiale de Django.

 © Jörg Carstensen/dpa

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