Danse
Baroque dancefloor par James Batchelor à Berlin

Baroque dancefloor par James Batchelor à Berlin

16 août 2021 | PAR Nicolas Chaplain

A Berlin, le festival international de danse « Tanz im August », organisé par le Hebbel am Ufer, invite pour la deuxième fois le jeune chorégraphe et danseur James Batchelor. En 2019, l’artiste d’origine australienne avait présenté la très belle et singulière pièce Deepspace, un duo sensible, une invitation au voyage, hypnotique et plastique. Cette année, il fait revivre, convoque les fantômes d’un bal baroque dans la Sophiensaele vide et nue avec An Evening-length Performance, une création originale, mais un peu faible (bien que courte) et décevante.

Le public est installé dans un dispositif quadri-frontal.  Au centre, c’est un dancefloor, sur lequel évoluent quatre interprètes : George Hampton-Wale, Giorgia Ohanesian Nardin, Jacqueline Trapp et le chorégraphe lui-même.  À travers leurs mouvements, on décèle des références au ballet de Cour. Des saluts, marches, parades, entrechats, sauts, pirouettes et pas de côté se mêlent subtilement à ces bassins en mouvement, ces bras souples plus souvent le long du corps, ces mouvements plus caractéristiques de la danse de club, cette danse solitaire, libre, personnelle. Le résultat est étonnant, mélancolique, introspectif. James Batchelor s’intéresse à l’expérience sociale qu’est danser. Faire bouger son corps, voir et être vu, s’exposer, s’exhiber ou se fondre sous les lumières, questionnent la façon dont le corps dansant est mis en scène et façonné par le regard de l’autre, le lieu, la société dans lesquels il évolue.

Sans perruques, ni corsets, les danseurs portent des débardeurs beiges ou fluo, des pantalons de training, des baskets, mais des éléments font aussi écho aux tenues classiques. Quelques voiles bouffants transparents aux bras, des bas sous un short moderne. De même les sons électro, planants, les basses puissantes se mêlent parfois à quelques notes de clavecin. Naturellement et délicatement, les époques se juxtaposent, se mêlent. Cette première partie fonctionne plutôt bien.

Malheureusement la deuxième partie peine à convaincre : la danse s’arrête. Le bal est fini.  Une silhouette entre en scène avec une grande doudoune et s’agenouille par terre, Des poches extérieures de ce vêtement, une des danseuses sortira des étoffes qu’on dirait être des k-ways à capuche. Lentement, très lentement, une créature se déploie, une sorte de papillon mais une fois l’image créée, elle sortira de scène. Et c’est tout. Les quatre reviennent avec des gants longs sur lesquels des grelots sont cousus à chaque doigts. Ils se transmettent une énergie invisible, dans laquelle ils se lovent puis s’assoient et forment un groupe fermé et recueilli quand la pièce se clôt. Si cette partie contemplative de la soirée n’enthousiasme pas vraiment, c’est qu’elle fait se succéder des idées abandonnées en cours de route, des images pas assez développées – et surtout stoppées trop brutalement – qui ne mènent nulle part.

Photo : Morgan Hickinbotham

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Nicolas Chaplain

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