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Arras Film Festival 2022 : Atlas d’or pour « Men of Deeds », et un palmarès entre engagement et quête d’identité

Arras Film Festival 2022 : Atlas d’or pour « Men of Deeds », et un palmarès entre engagement et quête d’identité

14 novembre 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Le rendez-vous incontournable du cinéma dans les Hauts-de-France voit s’achever son édition 2022, avec le sacre de films interrogeant des sujets forts et des êtres en quête d’eux-mêmes.

L’Arras Film Festival achève sa vingt-troisième édition en récompensant de son Atlas d’or le très remarqué film roumain Men of Deeds, de Paul Negoescu. Le jury de cette année, dont le président était le réalisateur Thomas Lilti, s’est montré sensible au parcours du personnage central de son scénario, policier lunaire forcé de redescendre dans le réel. Avec en toile de fond, dans cette intrigue, la corruption dans un village du Nord de la Roumanie. La société qui distribuera le film dans les salles françaises se voit donc gratifiée d’avance de 12 000 euros de la Communauté Urbaine d’Arras.

Sujet engagés

De la même manière, le long-métrage qui se voit gratifié d’un Atlas d’argent empoigne un thème engagé : Six weeks de la hongroise Noémi Véronika Szakonyi suit une jeune fille hésitant à confier l’enfant dont elle est tombée enceinte sans le vouloir à l’adoption. Un thème actuel inscrit ici de plus dans une société particulière, la Hongrie d’aujourd’hui. Son Prix vaut à sa réalisatrice 5 000 euros de la Région Hauts-de-France.

A noter que ce film repart aussi avec le Prix Regards Jeunes – Région Hauts-de-France, décerné par un groupe de lycéens. La cinéaste remporte donc également 2 000 euros de BNP Paribas.

Quêtes d’identité

Les autres récompensent célèbrent les héros à la recherche de leur place et de leur identité, thématiques assez présentes au sein de la Compétition en cette année 2022 (notre article ici). Le Prix SFCC de la Critique, remis par le jury de journalistes conviés en cette édition en partenariat avec le Syndicat Français de la Critique de Cinéma, couronne Il Boemo. Le réalisateur tchèque Petr Vaclav y trace un portrait du compositeur Josef Myslivecek, se débattant pour parvenir au sommet au coeur du XVIIIe siècle, se frottant à bien des difficultés et usages compliqués et tombant finalement dans l’oubli. Un étranger dans une Italie d’époque sans pitié, cherchant des moyens de faire entendre sa voix à lui.

Quant aux votes des spectateurs du Festival, ils conduisent le Prix du Public à être remis à Nowhere. Le réalisateur belge Peter Monsaert y fait se rencontrer un homme brisé avec un jeune voleur. Ensemble, ils partent pour une quête de repères entre routes et chantiers clandestins. 5 000 euros du Département du Pas-de-Calais, attribués à la société qui le distribuera en salles, saluent donc ce long-métrage qui vaut avant toutes choses pour la prestation remarquable du jeune acteur Noa Tambwe Kabati, qui traverse une palette d’émotions vives, lancé à la recherche de celle qui l’abandonna.

Les ArrasDays

Les récompenses remises à l’issue des ArrasDays, le forum destiné à permettre des coproductions, à échelle européenne, permettent à l’une des cinéastes présentes cette année en Compétition, la macédonienne Teona Strugar Mitevska, de repartir avec une Bourse. Le jury de cette édition 2022, composé de la productrice Dominique Welinski, de Nerina Kojancic du Centre du cinéma slovène, et de Paolo Bertolin, du comité de sélection de la Mostra de Venise, choisit de récompenser son projet Mother, consacré à un personnage féminin entre existence en plein tournant et questionnements moraux. 7 500 euros de l’Arras Film Festival viennent donc encourager ce travail en cours.

La Bourse de 5 000 euros de la Ville d’Arras couronne, elle, le projet d’Alexandru Baciu et Maria Popistatu titré Y. La mise à jour d’un passé familial y rejoindra des épisodes historiques pleins de tourments.

Alors que le Off de l’Arras Film Festival a débuté, avec ses projections dans trente-et-un cinémas en région, les parcours de ces œuvres récompensées ne fait donc que commencer, côté distribution ou même réalisation. Le Festival leur a donné des impulsions, afin que le cinéma d’Europe continue à vivre et à passionner les spectateurs curieux.

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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