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[Portrait] le revival populaire et grand public de Chantal Lauby, l’ex bonne copine trash de Les Nuls

[Portrait] le revival populaire et grand public de Chantal Lauby, l’ex bonne copine trash de Les Nuls

17 janvier 2015 | PAR Gilles Herail

A l’affiche des Souvenirs, Chantal Lauby sort de plusieurs grands succès. On l’a connue chez Les Nuls, sautant avec jubilation dans l’absurde, le scatologique et la blague en dessous de la ceinture. Après une traversée du désert, elle renait avec des rôles de bourgeoises fofolles dans les comédies familiales populaires. Retour sur la carrière d’une actrice culte qui a marqué plusieurs générations.

citéLa bande de Les Nuls (et non des Nuls) n’était culte que dans sa niche. Un humour irrévérencieux, trash qui définissait ce que l’on appelait alors l’esprit Canal. L’incroyable popularité des Nuls s’est faite sur le tard. Grâce aux rediffusions de La Cité de la peur, se transmettant de génération en génération. Et du DVD de L’intégrule qui a popularisé l’humour Canal bien au-delà de son premier cercle de fans. Qu’elle soit Odile Deray, Barbara Louf ou Pénélope Solette, Chantal Lauby s’est créée un statut d’icône. Une bonne copine vulgaire rêvée, sorte de Cameron Diaz à la française, entourée de ses trois mecs Chabat, Farrugia et Carette.

Elle se fait pourtant rare au cinéma. On l’entrevoit chez Jugnot dans Meilleur espoir féminin. Elle apparait chez les collègues de Canal dans Didier, Astérix, Delphine 1 Yvan 0. Mais ne se retrouve en tête d’affiche que deux fois. Pour Antilles sur Seine, nanar très sympathique sur la communauté antillaise réalisé par Pascal Légitimus. Et dans sa propre réalisation, le sous-estimé Laisse tes mains sur mes hanches. Une comédie de quarantenaires où elle mélange la trivialité jouissive des Nuls au genre de la comédie sentimentale, dans un fourre-tout non dénué de charme. Les deux films sont des échecs en salle mais la popularité de Chantal Lauby reste au beau fixe.

la-cage-doree_pgDe la bonne copine un peu trash, elle devient la maman/mamie rigolote. Elle est le pilier du succès de La Cage Dorée, petit phénomène de box-office qui enthousiasme le public grâce à son exploration tendre de la communauté portugaise. Un casting d’inconnus éclipsé par un véritable show de Chantal Lauby en second rôle. Elle invente un personnage de bourgeoise un peu fofolle, gentiment à côté de la plaque. Bien loin des blagues salaces de sa grande époque, l’actrice est la caution populaire et familiale du film. Rebelote l’année dernière dans Qu’est-ce-qu’on a fait au bon Dieu au sein d’un casting de jeunes acteurs peu connus. Chantal Lauby reproduit sa performance de La Cage Dorée, en poussant encore plus loin son personnage de bourgeoise à l’ouest aux côtés d’un autre routier de la comédie, Christian Clavier. Et le public applaudit de nouveau. Après Prêt à Tout, la voici maintenant dans Les Souvenirs annoncé comme le feel-good de ce début d’année.

Oubliées la transgression et les private jokes graveleuses de Canal. Chantal Lauby se retrouve en voie d’Arlette Laguillerisation. Une ancienne rebelle devenue partie intégrante du patrimoine collectif national, bénéficiant d’une côte de tendresse et d’un regard nostalgique bienveillant de la part du public. Comme Michel Serrault, devenu Papy bougon au cœur tendre dans ses dernières apparitions au sein de productions familiales. On se réjouit de revoir l’actrice au top de sa popularité et multiplier les projets (elle est annoncée dans une nouvelle série policière de TF1, présentée comme un Broadchurch à la française). On préfèrera quand même revoir pour la 100ème fois son « juste un doigt » de la Cité de la peur.

Gilles Hérail

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