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Petite Maman, la douce balade de Céline Sciamma

Petite Maman, la douce balade de Céline Sciamma

11 mai 2021 | PAR Léna Saint Jalmes

 

Présenté à la Berlinale, Petite Maman est le cinquième long métrage de Céline Sciamma. Un voyage onirique condensé en 72 minutes seulement. Très attendue après le succès de Portrait de la jeune fille en feu, la réalisatrice change de registre. Nous la retrouvons sur le terrain de l’enfance comme en 2011 avec Tomboy.

Nelly, huit ans, vient de perdre sa grand-mère. Ses parents vident la maison de la défunte. Nelly en profite pour jouer dans la forêt où sa mère, enfant, avait construit une cabane. Un jour, sa mère part sans prévenir. Nelly rencontre une petite fille dans les bois, elles ne se quitteront plus.

Filmée à hauteur d’enfants, la douce épopée se déroule dans un cadre minimaliste autour de la cellule familiale. Les acteurs ne se trouvant jamais à plus de trois dans une même scène, nous entrons immédiatement dans une intimité. Petite Maman est une délicate fable autour du deuil de l’enfant. Ce film touchant met en exergue la tristesse et la consolation, l’attachement mais aussi le départ et les retrouvailles.

« Vous savez, les secrets – c’est pas forcément des choses qu’on cherche à cacher. C’est juste qu’on a personne à qui les dire. »

Dans cette fiction à l’atmosphère fantastique, aucun acteur « star » n’est présent (Nelly – Joséphine Sanz, Marion – Gabrielle Sanz, mère – Nina Meurisse, père – Stéphane Varupenne et grand-mère – Margot Abascal). Les personnages principaux sont deux petites filles, Nelly et Marion, jouées par les jumelles Joséphine et Gabrielle Sanz.

Dans un jeu très naturel, les enfants nous emmènent au cœur de la forêt automnale. De très belles images, douces et délicates, composent ce film, grâce à la cheffe opératrice, Claire Mathon, lauréate du César de la meilleure photographie en 2020 pour l’image de Portrait de la jeune fille en feu. Couleurs chaudes des feuilles rouges, maisons vintages aux tapisseries d’antan, le film est comme un cocon de nostalgie. Céline Sciamma brouille les époques. Elle explique que le film « est une expérience abolissant le passé, le présent et les âges ». Petite Maman laisse alors une grande place à l’interprétation du spectateur.

On sort de la salle de cinéma sans pouvoir quitter la douceur de ce petit film puissant. Alors pour comprendre pourquoi le film est nommé Petite Maman rendez-vous dans les salles à partir du 2 juin.

Visuel : Laetitia Larralde

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Le parrain et Président du jury de l’édition 2021 de l’aide à la création de la Fondation Gan pour le Cinéma est David Oelhoffen
Léna Saint Jalmes

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