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[Critique] « Viva La Libertà », Toni Servillo brille doublement dans une savoureuse comédie politique

[Critique] « Viva La Libertà », Toni Servillo brille doublement dans une savoureuse comédie politique

05 février 2014 | PAR Hugo Saadi

L’auteur – réalisateur italien, Roberto Ando, décide d’adapter son propre roman Le trône vide et nous plonge dans les arcanes du pouvoir politique italien en compagnie d’un double personnage interprété de main de maître par Toni Servillo dans Viva La Libertà.

 [rating=4]

Enrico Oliveri, le secrétaire général du parti de l’opposition est donné perdant, un soir il disparaît laissant seulement une note. Une panique s’ensuit, son conseiller Andrea Bottini (Valerio Mastandrea) et sa femme cherchent alors une solution pour éviter que cela se remarque. L’idée de génie vient de la famille de l’homme politique : le frère jumeau de Enrico, un philosophe atteint de dépression bipolaire sortant tout juste d’un hôpital psychiatrique. Se met alors en place un plan qui peut prendre des allures dangereuses, et surtout qui peut surprendre. La première partie du film nous montre avec justesse la souffrance de la politique italienne du moment tandis que dans sa deuxième partie, le film va se découper en deux espaces, mêlant le ton sérieux et celui de la comédie.

Le réalisateur italien met en avant le fait qu’en politique, les grands orateurs et démagogues feraient de meilleurs dirigeants. Mais finalement on ne sait pas grand-chose du programme du jumeau, on se contente de longs discours sans langue de bois qui vont dans le sens de ce que la population recherche ; le spectre de Beppe Grillo plane bien évidemment sur le film. Ce sous discours est alors de mise durant le métrage mais c’est bien la comédie qui prend le dessus pour notre plus grand plaisir nous livrant des scènes où le comique de situation submerge le spectateur. Viva La Libertà est porté par un Toni Servillo magistral. Après une formidable interprétation dans La Grande Bellezza, il a ici l’opportunité de nous dévoiler ses deux facettes d’acteur en même temps. Il est de chaque plan, les mimiques ne le quittent que l’instant d’un saut entre les deux frères. Il est doublement bon en dépressif et bipolaire aux railleries permanentes qui nous font sourire à de maintes reprises. À ses côtés, on retrouve Valeria Bruni Tedeschi qui apporte une touche de légèreté et de tendresse. Un film politique engagé qui arrive à nous surprendre par son ton comique novateur et une illumination de l’acteur italien en pleine forme.

Viva La Libertà, un film de Roberto Ando, avec Toni Servillo, Valerio Mastrandea, Valeria Bruni Tedeschi, comédie italienne, 1h34. Sortie le 5 février 2014.

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