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[Critique] « Under the skin », trip visuel déroutant mené par la mutante Scarlett Johansson

[Critique] « Under the skin », trip visuel déroutant mené par la mutante Scarlett Johansson

24 juin 2014 | PAR Hugo Saadi

Avec Under the skin, le troisième film Jonathan Glazer, le réalisateur britannique nous offre une expérience visuelle mêlant la science-fiction et le thriller. Scarlett Johansson, seule actrice créditée au générique d’introduction est omniprésente et permet au film de voguer visuellement sur son personnage malgré les quelques remous d’un récit un peu trop saccadé.

 [rating=3]

Le film s’ouvre sur une lumière blanche et une musique grinçante. On assiste à la création ou plutôt à la naissance du personnage de Scarlett Johansson, une « extraterrestre qui arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître » comme le précise le synopsis. On n’en sait déjà pas beaucoup avant d’avoir vu le film, rassurez-vous on n’en saura pas beaucoup plus à l’issue du long-métrage. Jonathan Glazer a pour habitude de dérouter le spectateur (Sexy Beast et Birth, ses précédentes réalisations) et il continue dans cette voie avec un film à l’univers assez troublant, aux dialogues quasi inexistants, à une réalisation très esthétique et à une musique qui occupe une très grande place.

On ne s’attardera donc pas très longuement sur le pitch de ce film sensoriel. On suit les déambulations (le plus souvent nocturnes) de l’extraterrestre qui s’est dotée de la peau d’une jeune femme brune. S’ensuit alors une traque d’hommes esseulés puis une quête de soi lorsqu’elle va changer sa routine pour se découvrir et essayer de comprendre l’être humain et ses cinq sens. Effectivement, elle a toujours le même rituel, privilégiant des hommes seuls sans famille qu’elle séduira pour les ramener chez elle dans son antre, piégeant ses proies dans sa toile d’araignée à l’issue d’une valse sensuelle hypnotisante où elle conservera le corps dans une substance noirâtre. Elle sera souvent accompagnée d’un motard mystérieux dont on ne sait pas grand chose et qui par sa présence mystique et ses actes non élucidés a répétitions, se cantonne au rôle du nettoyeur qui ne laisse aucune trace (disparition du corps) nous perturbant souvent.

Under the skin est en somme réussi au niveau de l’ambiance et du montage qui entrecoupe le réel et en quelque sorte l’irréel avec une esthétique très épurée dans de beaux paysages écossais et une musique composée de violons très stridents. Mais en dehors de cela et de l’excellente performance de Scarlett Johansson (à son opposé du film Her, très peu de dialogues, mais une omniprésence de l’actrice pulpeuse sous toutes les coutures, habillée, nue, et même à moitié sans peau …), le film n’accouche sur rien de précis et laisse le spectateur dans le flou et livré à sa propre interprétation.

Under the skin, un film de Jonathan Glazer, avec Scarlett Johansson, thriller britannique, 1h47. Sortie le 25 juin 2014.

visuels © MK2 / Diaphana

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2 thoughts on “[Critique] « Under the skin », trip visuel déroutant mené par la mutante Scarlett Johansson”

Commentaire(s)

  • Jean-Paul Desverchère

    Certaines structures de cet ensemble venteux et décharné resteront volontairement mystérieux.

    Il faut s’en accommoder, sans proscrire ces images cotonneuses, ne semblant reproduire qu’une pensée unique, la traque continuelle d’un alien « féminin » au bout de nulle part, se divertissant jusqu’à leurs extinctions, d’hommes ordinaires, narcissiques, basiques et laids, verbalement limités, délestés de toutes cultures, dans un désert quotidien, uniquement managés par leurs pulsions sexuelles.

    Manipulés et consentants, incapables de deviner qu’ils ne sont que les jouets d’une machine laboratoire, manquant totalement d’émotions, châtiant dans un état second toutes ces libidos masculines primaires, volontairement pourchassées.

    Une expérience terrestre dominante, amusante, puis déroutante, enrobant dans son concept sensoriel un être venu d’ailleurs, soudainement perplexe, interrogatif, fragilisé et anéanti par la perception d’un sensitif inconnu.

    Un opus courageux, inclassable, boueux, frigide, envoutant, entre lenteur et récurrence, dans une léthargie marécageuse et glacée.

    août 13, 2014 at 13 h 08 min

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