A l'affiche
[Critique] « Last Vegas »: La comédie du troisième âge s’essouffle malgré ses stars

[Critique] « Last Vegas »: La comédie du troisième âge s’essouffle malgré ses stars

17 janvier 2014 | PAR Gilles Herail

Devenu un quasi genre à part entière et de plus en plus dévoyée, la comédie d’anciennes gloires commence à irriter. Ne prenant aucun risque et sans implication de ses comédiens Last Vegas se veut Very Bad Trip ou Red mais n’est qu’une comédie faussement joyeuse et incroyablement convenue.
[rating=1]

Synopsis officiel: Billy, Paddy, Archie et Sam sont les meilleurs amis du monde depuis… plus d’une soixantaine d’années. Quand Billy, le dernier célibataire de la bande, se décide enfin à demander sa petite amie d’à peine trente ans (bien évidemment !) en mariage, nos quatre über-seniors prennent la direction de Las Vegas avec la ferme intention de ne rien céder au poids des années et d’enterrer la vie de ce garçon (Qui a dit « vieux » ?) dans les règles de l’art.

Le casting fait rêver bien sur. Y manque peut etre un Nicholson ou Al Pacino pour compléter une liste incroyable de légendes vivantes au capital sympathie intact et partageant une véritable histoire avec les spectateurs. Freeman. De Niro. Douglas. Si l’on s’attendait au manque d’ambition on espérait au moins um bon esprit et de la vivacité. En vain. Freeman esquisse trois timides pas de danse du bout des pieds. De Niro donne une petite tatane. Broadbent est trop fidèle pour tromper sa femme. Et Douglas est en fait un bon gars amoureux transi sous ses airs de vieux play-boy arrogants. Très peu souvent drôle et sans rythme, Last Vegas aurait pu être un sympathique hommage comme le très agréable Malavita de Besson.

Mais à force de vouloir asséner une morale mielleuse sur le vieillissement et de tirer les violons dès qu’il le peut, le réalisateur écorne une complicité qui était pourtant gagnée d’avance. En accumulant des plans de Vegas ses lumières son alcool ses billets ses fêtes glauques. Et bien sûr son obsession des jeunes filles en bikini. Last Vegas devient ainsi franchement glauque. Et l’on sent d’ailleurs les acteurs pas à l’aise avec ce déluge de mauvais gout Californien. On ressort donc de là avec une impression mitigée loin du petit plaisir coupable que l’on était en droit d’attendre. Passez donc votre chemin et attendez l’incroyable Nebraska d’Alexandre Payne. Une comédie hilarante et porteuse de sens sur le vieillissement dans un décor de petite ville perdue au milieu des États-Unis.

A retrouver aussi, notre dossier sur les anciens au cinéma:

Gilles Hérail

Last Vegas, une comédie américaine de Jon Turteltaub avec Morgan Freeman, Robert De Niro et Michael Douglas, sortie le 27 novembre 2013, durée 1h45

« Deux hommes jonglaient dans leur tête » : de l’invention, des sensations, mais pas d’émotion
[Critique] « Delivery Man »: déjà un deuxième remake du très sympathique (et Québécois) Starbuck
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture