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[Critique] La ruée vers l’art : Marianne Lamour montre comment la finance est d’or

[Critique] La ruée vers l’art : Marianne Lamour montre comment la finance est d’or

04 novembre 2013 | PAR La Rédaction

 

 

En salles depuis le 16 octobre, le documentaire de Marianne Lamour aborde le marché de l’art contemporain sous l’angle de la spéculation. Exit, donc, la créativité. Un point de vue original à l’heure où la 40ème édition de la FIAC ouvrait ses portes à Paris.

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« Vingt-cinq millions… Trente-cinq millions… » Suspense. « L’enchère est pour vous monsieur, adjugé ! ». Monsieur repartira avec son requin figé dans un cube de formol ou sa panthère rose en porcelaine. Les salles de ventes sont devenues le royaume des joujoux pour grands enfants gâtés.
L’affiche du documentaire La Ruée vers l’art annonce la couleur : l’argent. Euros, yuans, dollars… qu’importe la devise, au diable la raison, le marché de l’art contemporain s’emballe. Téléphone greffé entre l’oreille et l’épaule, ambiance électrique… Marianne Lamour dresse un tableau haut en couleur du petit monde de la spéculation artistique.

Le challenge était de taille, d’autant plus que les principaux intéressés ont (évidemment) refusé de répondre à la journaliste : le collectionneur François Pinault, le galeriste new-yorkais Larry Gagosian, le publicitaire britannique Charles Saatchi, ou encore les trois artistes stars que sont Jeff Koons, Damien Hirst ou Takashi Murakami… aucun n’a souhaité intervenir. Si leurs œuvres n’ont pas de prix, leur silence est d’or sur la question. Un angle original, donc, mais une analyse qui reste quasiment aussi superficielle que son sujet, puisque ce mutisme paralyse l’enquête.
Néanmoins, loin de s’ériger en journaliste d’investigation, la documentariste choisit de s’immiscer dans l’envers du décor, caméra au poing. C’est donc sans prétention, et de manière un peu artisanale (la réalisation et la prise de son laissent parfois à désirer), qu’elle s’invite sur le terrain de jeux de cette poignée de milliardaires. Artistes, galeristes et spéculateurs forment un véritable trio gagnant, à mille lieues des préoccupations actuelles liées à la crise financière. De Hong Kong à Dubaï en passant par Venise ou Chicago ; Marianne Lamour propose un tour du monde des foires internationales, aujourd’hui en plein essor.

La journaliste pointe du doigt la folie de la spéculation plutôt que la création et dénonce du même coup la superficialité de cet univers si particulier, entre vanité et excès : « Si ce n’est pas quelque chose d’inabordable, les gens ne sont pas intéressés », lance un collectionneur, très lucide. Où est passée la valeur artistique ? Là n’est pas la question. L’essentiel est de s’acheter une image et de continuer à jouer, la démesure en guise de règle.

« La ruée vers l’art », de Marianne Lamour, écrit pas Danièle Granet et Catherine Lamour, rézo films, 1h26. Sortie le 16 octobre 2013.

Clara Brunel et Adèle Humbert

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La Rédaction

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