Opéra
Aida à l’opéra Bastille : l’Or massif de Monsieur Py

Aida à l’opéra Bastille : l’Or massif de Monsieur Py

04 novembre 2013 | PAR La Rédaction

 

 

David Desvallées

 

Aida n’avait pas été représenté à l’Opéra de Paris depuis 1968, date à laquelle Léontyne Price interpréta le rôle-titre. Dans l’exubérante mise en scène d’Olivier Py, l’Opéra Bastille a voulu les choses en grand pour réparer l’affront !

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En 2013, année du Bicentenaire de la naissance des deux grands maîtres de l’histoire de l’opéra, Wagner et Verdi, l’Opéra de Paris a su compter sur l’énergie remarquable de son Directeur musical, Philippe Jordan. Après une intégrale de la Tétralogie de Wagner d’excellente facture musicale, le grand retour d’Aida sous la baguette de Philippe Jordan rend honneur à Verdi. L’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Paris exultent, la salle est éminemment conquise.

Chef d’œuvre mythique de Verdi, Aida connut une consécration immédiate en 1871 et fut représenté dans 155 maisons d’opéras à travers le monde en une dizaine d’années. L’abondance des airs célébrissimes, dont « Ritorna Vincitor », assure la popularité de cette partition extraordinaire, qui fait la part belle aux chœurs. Sur un argument proposé par l’égyptologue français Auguste Mariette, Verdi a composé un grand opéra de guerre, exotique et monumental.

Olivier Py s’est inspiré du caractère spectaculaire de cet opéra. Après la sobriété de sa mise en scène d’Alceste au Palais Garnier, il s’est essayé au parti pris inverse pour Aida. Les décors relèvent d’une vraie prouesse technique et esthétique. Aida, tout bonnement servi sur un plateau en or massif, procure de fortes émotions visuelles dont se souviendront longtemps les spectateurs. Tout y est doré et force l’admiration.

Tant de rutilance peut conduire au seuil de l’agacement… qu’on finit par atteindre au fil d’une mise en scène outrancièrement politisée. Les charniers et l’iconographie mussolinienne achèvent la confusion entre les époques, tandis que le début de la mise en scène préfigure l’occupation austro-hongroise de l’Italie. Le conflit entre Ethiopiens et Egyptiens est ethnicisé, le triomphe de Radamès voit la foule déverser son fiel xénophobe, agitant les pancartes « Vive les colonies », « A mort les étrangers », « La patrie est sacrée ». Créer le malaise, comme pour faire écho au climat politique actuel de l’Hexagone ? Le bourgeois est choqué. De regrettables huées en ont témoigné.

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Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, créatrice et traductrice de contenus culturels. Elle a notamment collaboré avec des institutions culturelles (ICOM, INHA), des musées et des revues d'art et de design. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France, elle a obtenu la certification de l'Ecole de Traduction Littéraire en 2020. Géraldine a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, dans les rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle a travaillé en tant que docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art. www.slowculture.fr

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