A l'affiche
[Critique] « La prochaine fois je viserai le cœur » Guillaume Canet serial-killer dans un polar sans tension

[Critique] « La prochaine fois je viserai le cœur » Guillaume Canet serial-killer dans un polar sans tension

15 novembre 2014 | PAR Gilles Herail

Guillaume Canet fait ce qu’il peut pour incarner ce gendarme/serial-killer aux pulsions obscures dans un thriller atone qui ne provoque ni frisson ni effroi. Sans grand intérêt.

[rating=2]

Synopsis officiel:  Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoire au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.

Beaucoup d’intentions dans ce nouveau film de Cédric Anger qui échoue pourtant sur beaucoup de plans. Bonne idée d’embaucher Canet dans un rôle à contre emploi. Intuition intéressante de prendre le point de vue du tueur. Tentative de créer une atmosphère dans la France moyenne des années 70 et les décors forestiers brumeux. Des qualités théoriques qui ne se retrouvent que trop rarement à l’écran. Cédric Anger hésite entre toutes ses options et ne mène pas sa barque. La description du profil psychologique du personnage principal pose problème. Misanthrope asocial, fou sadique, misogyne effrayé par la femme. Tout se mélange et ne ressort qu’une forme de bestialité, s’exprimant dans des scènes répétitives de meurtre, qui nous laissent de marbre. Les seconds rôles sont en difficulté, des collègues policiers un peu trop beaufs à l’amante passionnée très cruche. Guillaume Canet crée quelques beaux moments, notamment liés à l’espace de la forêt, où sa bizarrerie peut s’exprimer. Mais la direction d’acteurs laisse parfois à désirer. Les sourcils froncés et la moue désagréable qu’il affiche régulièrement en font un méchant trop évident, dont on s’étonne que personne ne soupçonne la culpabilité. Glacial, ni intriguant, ni enthousiasmant, La prochaine fois je viserai le coeur se regarde avec un certain désintérêt. Préférez-lui Quand vient la nuit qui ne fait pas dans l’originalité mais tient à merveille sa promesse de petit film noir New-yorkais, porté par l’excellent Tom Hardy. Et pour les amateurs de monstre humain, découvrez le Gone Girl de David Fincher dont le cynisme vous glacera le sang.

La prochaine fois je viserai le coeur, un film de Cédric Anger avec Guillaume Canet et Ana Girardot, durée 1H50, sortie le 12/11/2014
Visuels et bande-annonce officiels du film.
Dans La Mission de Müller, Michael Thalheimer déterre les idéaux trahis de la Révolution
[Live Report]Nathalie Stutzmann rayonnante avec son orfeo 55 dans un programme Haendel au Théâtre des Champs-Elysées
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture