A l'affiche
[Critique] « D’une vie à l’autre » : Croisement très réussi entre La vie des autres et Philomena

[Critique] « D’une vie à l’autre » : Croisement très réussi entre La vie des autres et Philomena

10 mai 2014 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Le second film de Georg Maas s’inscrit pleinement dans la veine d’une nouvelle vague allemande représentée par La Vie des Autres. Dévoilant des pans d’histoire méconnus, concernant aussi bien l’enlèvement d’enfants par le régime nazi que leur utilisation par les services secrets est-allemands, D’une vie à l’autre est un excellent thriller, un drame bouleversant et un témoignage marquant. A voir absolument.

Synopsis officiel: Europe 1990, le mur de Berlin est tombé. Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse Progressivement de lourds secrets refont surface, dévoilant le rôle de la STASI, les services secrets de la RDA, dans le destin de ces enfants. Pour elle et ses proches, quel est le plus important ? la vie qu’ils ont construite ensemble, ou le mensonge sur lequel elle repose ?…

On ne dévoilera pas les rebondissements du scénario qui sont seulement évoqués dans le synopsis officiel pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur. Car D’une vie à l’autre est avant tout un thriller d’espionnage, qui ménage son suspense et ses effets, laisse planer le doute et suit les regards inquiets du personnage principal que l’insistance d’un avocat fouineur va désarçonner. Maîtrisant parfaitement ses gammes, Georg Maas sait utiliser son actrice principale pour créer le doute et brouiller les pistes à travers les yeux faussement tranquilles de Katrine. La comparaison avec La vie des autres est évidente tant par son sujet, la Stasi, que son point de vue, le drame familial et amoureux, ressenti à hauteur d’homme. On pense aussi bien sur à l’excellent Philomena de Stephen Frears qui suivait Judi Dench à la recherche de son passé après une histoire similaire d’enlèvement d’enfants pour des raisons idéologiques. Mais la forme et le style du film nous rappellent encore plus fortement au bon souvenir de Shadow Dancer, un film d’espionnage irlandais mêlant la petite histoire, familiale, et la grande (le terrorisme) dans un thriller élégant et passionnant. D’une vie à l’autre est porté par la performance incroyable de son actrice principale, Juliane Kohler, que l’on avait déjà vue dans La Chute. Le réalisateur lui offre un rôle en or qu’elle sublime avec nuances, à l’image d’un film complexe, jouant avec les genres et les émotions. Du très bon cinéma.

Gilles Hérail

D’une vie à l’autre, un drame de Jorg Maas avec Juliane Kohler et Liv Ullmann, durée 1h37, sortie le 7 mai 2014

[Critique] « De Guerre Lasse » : thriller mafieux et familial d’une belle intensité
A la Cité U, marionnettes, objets, idées, de quoi s’étonner
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture