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[Critique] « De Guerre Lasse » : thriller mafieux et familial d’une belle intensité

[Critique] « De Guerre Lasse » : thriller mafieux et familial d’une belle intensité

10 mai 2014 | PAR Gilles Herail

Olivier Panchot confirme les espoirs placés en lui après Sans Moi. De Guerre Lasse est un thriller d’une redoutable intensité, compensant son petit budget par une réalisation efficace, cherchant l’intime familial autant que les explosions de violence soudaine en osant aussi s’aventurer sur les terrains passionnants des relations France-Algérie. 

[rating=4]

Synopsis officiel: Alex, fils d’un caïd pied-noir marseillais, s’est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de compte avec la mafia Corse… 4 ans plus tard, Alex déserte et revient sur Marseille pour retrouver Katia, son amour de jeunesse. Mais en ville les rapports de force ont changé : son père s’est retiré des affaires, laissant les Corses et les gangs des Quartiers Nord se partager le contrôle de la ville. La détermination d’Alex va bouleverser cet équilibre fragile au risque de mettre sa famille en danger..

De guerre lasse fait avant tout partie de la tradition des thrillers marseillais, des films sur le « milieu » où les histoires familiales se mêlent aux règlements de compte. En insistant sur l’aspect psychologique, la difficulté des choix à trancher et l’impossibilité de l’oubli et du pardon. Quand Alex déserte la légion, il espère naïvement pouvoir se réintégrer dans son univers après une période de prescription. Mais les souvenirs sont toujours bien là et son retour en ville attise les vieilles haines et les comptes à solder. De guerre lasse parle de cet affrontement sourd à l’intérieur de la famille et entre les groupes mafieux qui règnent sur Marseille. Une lutte qui a pour objet de sauver la peau d’Alex et d’éviter une explosion de violence. Une lutte vouée à l’échec qui sera le cheminement inéluctable du film. S’ajoute à cette trame mafieuse et marseillaise un autre récit, familial cette fois-ci , qui se mêle à une autre dimension, historique. L’Algérie française et sa nostalgie, les relations entre français et algériens, au sein même de la structure familiale et de ses non -dits. Ces thématiques donnent au film un supplément d’âme et sont pour beaucoup dans la réussite de cette Guerre Lasse. Les acteurs au diapason et les seconds rôles des toujours très justes Hiam Abbas et Sabrina Ouazani achèvent de nous convaincre. Un beau film, maîtrisé et stylisé, qui annonce une carrière prometteuse.

Gilles Hérail

De Guerre Lasse, un film d’Olivier Panchot avec Jalil Lespert et Tchéky Kario, durée 1h34, sortie le 9 mai 2014. 

[rating=3]

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