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[Critique] « De l’autre côté du mur » Une mère et son fils se battent pour un nouveau départ, à l’ouest

[Critique] « De l’autre côté du mur » Une mère et son fils se battent pour un nouveau départ, à l’ouest

08 novembre 2014 | PAR Gilles Herail

Chronique du parcours d’une mère et de son fils pour trouver une nouvelle vie après leur passage à l’ouest, De l’autre côté du mur est un drame réaliste parsemé de moments d’espoir et de tendresse. Manquant d’audace, le film est cependant porté par son étonnante actrice principale et traite sa thématique avec beaucoup de sensibilité.  

[rating=3]

Synopsis officiel: Fin des années 70, quelques années après la mort de son fiancé, Nelly décide de fuir la RDA avec son fils afin de laisser ses souvenirs derrière elle. La jeune femme croit à un nouveau départ de l’autre côté du mur, mais en Occident où elle n’a aucune attache, son passé va la rattraper…La jeune femme va-t-elle enfin réussir à trouver la liberté

D’une Vie à l’autre, GoodBye Lenin, La vie des autres, Barbara. Depuis une dizaine d’années, le cinéma allemand a su puiser dans l’histoire de la séparation RDA/RFA une source intarissable de thématiques. Que l’on soit dans le thriller d’espionnage, le drame humain, le conte humaniste et positif ou même la comédie. De l’autre côté du mur adopte un point de vue différent, en filmant la chronique d’un parcours semé d’embûches. Celui d’une mère et de son fils, qui émigrent en Allemagne de l’ouest pour tirer un trait sur un passé difficile, et repartir à zéro. L’arrivée en terre promise est pourtant plus difficile qu’annoncée. Les interrogatoires et les examens médicaux se succèdent et la vie collective dans un centre d’hébergement temporaire devient leur quotidien. Face à l’adversité, les deux se serrent les coudes et doivent faire face à des éléments du passé, trop longtemps refoulés, qui remontent sous la pression des services secrets américains.

De l’autre côté du mur parle de la difficulté d’intégration de cette famille est-allemande, soupçonnée d’être en contact avec la Stasi. Le réalisateur, Christian Schwochow, évoque avec beaucoup d’intelligence la paranoia latente, lancinante, qui hante le personnage principal. Qui pensait être enfin tirée d’affaire et se voit contrainte à des humiliations permanentes, ne percevant jamais l’issue. Jordis Triebel porte le film, apportant beaucoup d’ambiguïté, de colère larvée et d’intensité au personnage de Nelly. Elle est brillamment épaulée par un jeune acteur très talentueux, interprétant à merveille son personnage d’enfant en besoin d’affection et de normalité. Évitant le pathos, De l’autre côté du mur se veut positif, cherchant la lumière au bout du tunnel de ces vies rongées par les blessures de la guerre froide. Sans talent de mise en scène particulière, mais avec une vraie sensibilité.

Gilles Hérail

De l’autre côté du mur, un drame allemand de Christian Schwochow avec Jordis Triebel, Tristan Gobel et Alexander Scheer, durée 1h42, sortie le 5 novembre 2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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