A l'affiche

[Critique] « Interstellar » : Christopher Nolan ne nous déçoit pas avec un grand film de science-fiction métaphysique

[Critique] « Interstellar » : Christopher Nolan ne nous déçoit pas avec un grand film de science-fiction métaphysique

08 novembre 2014 | PAR Gilles Herail

Nolan s’inspire de grandes références mais réussit en permanence à rester original, avec un rythme, une architecture et des ramifications qui font le sel de son cinéma. InterStellar est un film touffu, dense, allant dans toutes les directions. Et c’est ce qu’on aime chez ce grand réalisateur qui souhaite à chaque fois réaliser un chef d’œuvre plutôt qu’un simple bon film, même s’il n’y arrive pas à tous les coups.

[rating=4]

Christopher Nolan fait partie des grands cinéastes du moment. Pas pour un univers visuel immédiatement identifiable ou des thèmes obsessionnels récurrents. Nolan est avant tout un scénariste, un directeur d’acteurs hors pair et un excellent conteur. Avec des films aussi millimétrés et diaboliquement orchestrés qu’Inception, Memento et The Dark Knight, le réalisateur a prouvé sa capacité à rendre passionnante une approche géométrique, scientifique, et obsessive du septième art. Interstellar ne déroge pas à la règle et fait plaisir à voir, rappelant qu’Hollywood sait aussi produire ces blockbusters « visionnaires » qui ont cruellement manqué cette année. Interstellar est un film profondément intelligent, conscient de ses effets, de ses choix et de ses références. Des maladresses sont sont bien présentes, dans une dernière partie très perchée qui déconcertera les plus rationnels d’entre nous, mais aussi dans la gestion de l’émotion qui n’a jamais été le fort de Nolan.

Le film est interminable mais fascine pourtant de bout en bout. Interstellar est à la fois un drame humain sur la séparation entre un père et une fille. Une réflexion métaphysique sur l’évolution et la perception du temps. Une aventure intergalactique exploratoire. Et un suspens spatial à la Gravity ou Appollo 13. Prises séparément, toutes ces facettes ont déjà été traitées de manière plus convaincantes chez d’autres. Mais leur entremêlement est unique. L’élégance de la réalisation, la perfection du jeu d’acteur, la pertinence de la vulgarisation scientifique sur le concept de relativité et sur l’extinction de l’espèce. Tout participe à la réussite d’un film jamais tape à l’œil, intimiste, dont le budget est au service de l’histoire. Christopher Nolan n’égale peut être pas son Dark Knight qui reste la référence absolue. Mais Interstellar est un bonheur pour les spectateurs curieux, qui veulent apprendre, être émerveillés, surpris, décontenancés, bousculés et divertis. A voir absolument.

Gilles Hérail

Le plaisir ressenti pendant la projection d’Interstellar vient aussi d’une promotion respectueuse du spectateur qui joue le mystère et ne dévoile quasiment rien de l’intrigue. Retrouvez notre dossier sur les bandes annonces qui jouent le mystère et gardent la surprise.

Interstellar, un film de science-fiction de Christopher Nolan, avec Matthew McConaughey, durée 2h49, sortie le 5 novembre 2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
Le Vieil homme et la mer : quand la bande dessinée s’empare d’un monument de la littérature
[Critique] « De l’autre côté du mur » Une mère et son fils se battent pour un nouveau départ, à l’ouest
Gilles Herail

One thought on “[Critique] « Interstellar » : Christopher Nolan ne nous déçoit pas avec un grand film de science-fiction métaphysique”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *