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Le Vieil homme et la mer : quand la bande dessinée s’empare d’un monument de la littérature

Le Vieil homme et la mer : quand la bande dessinée s’empare d’un monument de la littérature

08 novembre 2014 | PAR La Rédaction

La rencontre de son univers graphique avec les mots d’Ernest Hemingway, c’est ce que nous offre Thierry Murat dans cette adaptation du Vieil Homme et la Mer. Ce n’est pas la première fois qu’il se lance dans ce type d’aventure puisque son premier album de bande-dessinée Elle ne pleure pas, elle chante (2004) était également adapté d’un roman.

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Thierry Murat entreprend un pari ambitieux. Adapter à l’art de la bande dessinée, un monument de la littérature, le Vieil Homme et la Mer d’Ernest Hemingway publié en 1952.

Cuba, début des années 1950. Un petit garçon raconte à l’auteur l’histoire de son ami, Santiago, un vieux pécheur parti à la dérive sur l’Océan. Le vieux pêcheur est « salao » : depuis des mois, il n’attrape plus rien au bout de ses lignes, il décide donc de partir au large pour trouver un gros poisson. C’est là que débute le récit d’une rencontre, d’un duel, entre le pêcheur et l’espadon, l’histoire aussi de la relation entre l’homme et la nature.

Le texte d’Hemingway transparait tout au long du récit. Dans le dialogue des personnages, dans les monologues du vieil homme au milieu de l’océan, mais surtout dans cette voix off qui accompagne les dessins et qui berce le récit. Thierry Murat, tout en retenue, laisse aux mots d’Hemingway la place dont ils ont besoin et y ajoute sa sensibilité, son identité : des images paisibles et puissantes. Ces images qui vont souligner les points clés du récit : l’immensité de la mer, la détermination de l’homme mais aussi le respect de celui-ci devant la force de la nature.

L’adaptation d’un livre est toujours une mission délicate. Notamment parce que l’imagination du lecteur n’est plus entièrement libre mais qu’on lui propose un regard particulier sur l’œuvre. Le regard de Thierry Murat séduit : l’ambiance sobre et captivante de ses dessins participent à la magie poétique de l’œuvre d’Hemingway. Les paysages de la Havane sont comme immobilisés par la chaleur. L’espace accordé au ciel crée pour chaque image une atmosphère unique : à midi, le monde est orange, au milieu de la nuit sur l’océan, quand l’eau se confond avec le ciel, le bleu sombre absorbe même le vieil homme et sa barque.

Thierry Murat,  Le Vieil Homme et la Mer,, Editions Futuropolis,  128 p., 19euros, octobre 2014

Cécile Lecan

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