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[Critique] « Cheap Thrills » ou quand l’argent fait le bonheur des uns et le malheur des autres

[Critique] « Cheap Thrills » ou quand l’argent fait le bonheur des uns et le malheur des autres

16 juin 2014 | PAR Hugo Saadi

Avec Cheap Thrills, le réalisateur E.L Katz pousse à bout deux hommes désespérés et prêt à presque tout pour une somme d’argent. Il joue avec le spectateur en lui imposant des défis sadiques et immoraux que les deux hommes exécutent dès l’annonce de la somme d’argent qui est à la clé. Une virée en enfer qui ne nous laissera pas indifférent.

 [rating=4]

Richard Kelly avait déjà joué avec la conscience des gens dans The Box. La situation était simple : une boite, un bouton, une pression sur celui-ci et l’on recevait immédiatement un million de dollars avec en prime la mort d’un inconnu. Dans Cheap Thrills, E.L Katz reprend le jeu du « cap ou pas cap » en montant crescendo dans la gravité des actes.

Tout partait déjà mal pour Craig. Ce jeune papa venait tout juste d’être menacé d’expulsion et de perdre son travail. C’est dans un bar où il avait décidé de noyer son malheur dans l’alcool que tout va basculer. Il rencontre une ancienne connaissance, tout aussi fauché que lui et à leur insu, les deux hommes vont devenir les proies et futur bêtes de scène d’un jeune couple plein aux as. En effet, pour l’anniversaire de Violet, Colin a décidé de dilapider une grosse somme d’argent en s’amusant. Il commence alors une partie de « cap ou pas cap » avec les deux hommes qui prendra rapidement la forme d’une descente aux enfers.

Le réalisateur américain pose son film tranquillement avec la scène du bar puis nous offre un quasi huis clos étouffant dans l’appartement du jeune couple. Pour insuffler un rythme assez intense afin de ne pas lâcher le spectateur en cours de route, il joue avec les émotions et base son film sur la montée en puissance des paris. Les premiers sont de l’ordre du faisable pour monsieur tout le monde dirons-nous, comme par exemple 50 $ pour le premier qui termine son shot de vodka ou bien 100 $ à celui qui retient sa respiration le plus longtemps. En cours de métrage on apprendra que Colin est enclin à débourser la somme de 250 000 dollars, il décide alors de toujours aller plus loin et met le spectateur dans un dilemme moral. L’escalade de la violence et de trash démarre alors et l’on suit les actes avec de plus en plus de distance et de gène. Effectivement, seriez-vous prêt pour 25 000 dollars à vous couper le petit doigt ? A tromper votre femme ? A manger du chien ? Le final qui en surprendra plus d’un atteindra le niveau extrême, celui de prendre la vie d’un autre. Et on se demandera alors si après avoir atteint un point de non-retour nous sommes capables du pire et d’être acheté par une énorme somme d’argent.

Autant dire que le film passe plutôt vite face à ce spectacle gratuit qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Avec une réalisation très centrée sur l’action et une musique électro qui nous maintiendra dans le trip alcool – amphétamines du quatuor fou, Cheap Thrills est une séance à part, un one-shot qui séduira mais sera malgré tout très vite oublié. Ne faisons pas l’impasse sur les folles performances des deux hommes ensanglantés tout du long du film, Pat Healy et Ethan Embry.

Film présenté dans le cadre du Champs-Élysées Film Festival : Avant-Première Américaine.

Cheap Thrills, un film de E.L Katz, avec Pat Healy, Ethan Embry, Sarah Paxton, thriller américain. 1H31, pas de date de sortie.

Visuels © Luminor

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Hugo Saadi

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