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«Coco», une plongée poétique dans la culture mexicaine

«Coco», une plongée poétique dans la culture mexicaine

20 novembre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Comme à leur habitude les studios Disney-Pixar nous offrent un long-métrage d’animation à temps pour les fêtes de Noël. Ils nous entraînent cette fois-ci au Mexique pendant le Dia De Los Muertos, l’une des fêtes religieuses et culturelles les plus importantes du pays, au côté du jeune Miguel, gamin intrépide prêt à tout pour mener à bien son rêve. Un voyage tout en humour et poésie qui, faute d’initier le renouveau du cinéma d’animation américain, ravit toujours autant. 

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La famille du jeune Miguel vit dans le souvenir d’un parent parti tenter sa chance comme musicien, laissant derrière lui sa femme et sa petite fille. Depuis, toute forme de musique est bannie de la famille. Seulement voila, Miguel ne peut pas vivre sans sa guitare. Alors lorsqu’il se retrouve coincé en plein Pays des Morts, il se lance dans une quête qui, avec un peu de chance, lui permettra de réconcilier sa famille et sa passion.

Dès le début, on se demande s’il n’y a pas erreur au générique, si Coco n’est pas secrètement le fruit des studios Disney. Pixar délaisse sa touche d’originalité et sombre, comme il l’avait (glorieusement) fait avec Rebelle (2012), dans le formatage de la maison Disney. Tous les ingrédients sont là: les chansons, la féérie, l’amour, l’animal de compagnie. Même l’animation, si magnifique soit-elle, ne se détache pas de celle de La reine des neiges (2013) ou de Vaiana, la légende du bout du monde (2016) et vient donc s’inscrire dans une lignée qui, si elle ne fait que s’améliorer, peine à se renouveler. On attendait sans doute un peu plus de Lee Unkrich, le génie à l’origine de très nombreux succès Pixar, des 1001 pattes à Toy Story en passant par Cars et Le monde de Nemo. Il ne fait avec Coco qu’appliquer la bonne vieille recette de la maison Disney, n’en changeant que la garniture: cette fois-ci, ce sera de la tortilla. Le scénario de Coco ne marquera finalement que dans la dernière demi-heure lorsque, grâce à deux retournements de situation inattendus et très plaisants, il s’amuse à bousculer les codes narratifs du genre et nos attentes avec. Dommage que cette bousculade n’ait pas lieu dès le début du film, dont le costume  Disney-esque n’aurait alors été revêtu que pour mieux être transformé (on pense, encore une fois, à Rebelle).

Mais alors voilà, la formule marche toujours aussi bien et le plaisir est encore au rendez-vous. Un plaisir visuel, d’abord, engendré par une animation 3D débordante de beauté et de réalisme dans les moindres petits détails, comme ces milliers de pétales de soucis formant les ponts entre le monde des morts et celui des vivants et s’illuminant dès qu’un personnage pose le pied dessus. Avec une mention spéciale pour le rendu de la lumière, magnifique sur le pelage des alebrijes, émerveillant dans ses teintes dominantes bleues et orangées.

Un plaisir poétique, ensuite, de ceux que seuls les films d’animation parviennent à rassasier. Oscillant entre humour et drame, entre joie et tristesse, le film s’appuie sur un vaste spectre d’émotions pour un voyage tout en sensibilité. Véritable ode à la musique et au devoir de mémoire, Coco est aussi une plongée dans la culture mexicaine, avec mention spéciale à l’excellent et hilarant caméo de Frida Khalo. Le tout formant un bel hommage à la famille et à ceux qui ne sont plus là, mais qui continuent à vivre dans nos souvenirs.

Visuel: affiche officielle

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Sarah Reiffers

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