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[Cannes, Quinzaine] « Queen and Country », une satire de l’armée redondante au casting décevant

[Cannes, Quinzaine] « Queen and Country », une satire de l’armée redondante au casting décevant

06 janvier 2015 | PAR Hugo Saadi

John Boorman, le réalisateur britannique de 81 ans possède le palmarès le plus long des réalisateurs de la Quinzaine. Avec à son actif des films comme Duel dans le Pacifique, Délivrance, L’Exorciste 2 ou encore Excalibur, il marque son retour après 6 années de vide avec Queen and Country, une comédie historique où l’humour et la critique de l’armée sont bien présents mais vraiment redondant.

 [rating=2]

 En même pas deux heures, John Boorman a eu le temps de faire le tour de son sujet, voire d’y repasser même deux ou trois dessus. C’est bien là le problème. On aime au début, on n’en peut plus à la fin. Mauvais équilibre donc pour ce Queen and Country qui nous propulse dans l’Angleterre post-seconde Guerre Mondiale. En pleine guerre de Corée, Bill et Percy sont appelés par l’armée et voient leur quotidien chamboulé. Dans un premier temps ils se retrouvent dans un camp d’entrainement pour être formés aux techniques de combat, mais ils ne mettront jamais un pied en Corée. Effectivement, ils sont ensuite chargés de former les jeunes recrues. Lors d’une de leurs permissions, Bill tombe amoureux d’une fille de la haute bourgeoisie, inaccessible pour lui tandis que Percy s’entiche d’une jeune infirmière volage.

Derrière ces deux romances se cache une satire sur les camps militaires. John Boorman s’introduit au cœur des entraînements, montrant la cacophonie qui règne à tous les étages. Il injecte une bonne dose d’humour qui passera par des situations ridicules : un gradé à la voix cassée, un sergent planqué qui fait le guignol et les deux garçons qui se la coulent douce et se dédouanent de toute autorité. L’écriture des dialogues est mieux maîtrisée que celle du scénario. Le sérieux militaire est confronté aux diverses plaisanteries orchestrées par les recrues (vol d’une horloge symbolique …) et sous la direction du soldat Redmond, le planqué de service qui trouve qu’il « faut du courage pour être aussi lâche ». Mais voilà, on a vite fait le tour de la galerie et le réalisateur britannique épuise ses cartouches et tire ensuite à blanc. Cela devient très vite lassant, la romance prend le dessus et ne convainc pas. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par des acteurs sans aucun charisme : Callum Turner (Bill), joue le beau garçon de façon monolithique et fade tandis que Caleb Landry Jones (Percy) en fait des tonnes avec son rire diabolique qui en devient vite agaçant (à l’instar de son acting dans Antiviral. Ne parlons pas des personnages secondaires qui ne relèvent pas le niveau, ah si, la belle Tamsin Egerton illumine ses scènes par son élégance. Rien de plus donc à sauver.  Le final arrive sans que l’on s’en soucie, le générique aurait pu apparaîitre bien avant que l’on ne s’en soit aperçu …

Queen and Country, un film de John Boorman, avec Caleb Landry Jones, Callum Turner, Pat Shortt, comédie dramatique britannique, 1h54.

visuels © Le Pacte

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Une réflexion sur « [Cannes, Quinzaine] « Queen and Country », une satire de l’armée redondante au casting décevant »

Commentaire(s)

  • Florent

    Ainsi c’est Boorman qui signe ta délivrance de ce marathon Cannien :D

    Tu tires ta révérence sur un film moyen ^^ Mais châpeau pour la couverture critique, joli boulot ;)

    mai 21, 2014 at 11 h 16 min

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