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« Paris Photo 2018 » : le rendez-vous des amateurs de la photographie est lancé

« Paris Photo 2018 » : le rendez-vous des amateurs de la photographie est lancé

08 novembre 2018 | PAR Hugo Saadi

La 22ème édition de Paris Photo a ouvert ses portes ce matin et Toute la Culture y était déjà hier. Si les grands noms de la photographie sont disséminés dans de nombreuses galeries présentes sous la nef du Grand Palais, il y a eu quelques coups de cœur pour des nouveaux photographes, mais moins qu’à l’accoutumée. On notera toutefois cette année, une mise en avant de femmes photographes dans un parcours qui leur est consacré. Retour sur les galeries qu’il ne faut pas louper.

On démarre avec les grands noms de la photo, pour ce côté valeur sûre. Du côté de chez Polka, on retrouvera les déambulations dans les rues américaines de Joël Meyerowitz, les escapades lointaines de Sebastiao Salgado, le chic de Yves Klein ou encore les instants de vie capturées par l’œil de Janine Niépce. Pour rester dans la thématique des photographes français, un détour à la Peter Fetterman Gallery qui rassemble de nombreux humanistes de la photo qui ont su saisir brillamment l’ambiance parisienne. On y retrouve donc pêle-mêle Willy Ronis, Cartier-Bresson ou encore Robert Doisneau. Du côté de la galerie Goodman, c’est le travail de David Goldblatt qui est mis en avant à travers un solo show. On y (re)découvre les photos poignantes de cet artiste décédé en juin dernier et qui a pendant des années capturé le paysage politique d’Afrique du Sud.

C’est à la Galerie East Wing que l’on va être séduit par l’originalité du travail de Cortis & Sonderegger. Leur objectif : photographier des mises en scène où les artistes recrée un univers, une photo, un événement particulier à l’aide de bricolage, collage et autres techniques puis saisir cet effet en poussant le spectateur à sortir du cadre. Devant la reconstitution d’une célèbre photo de Capa, d’une sculpture de Delacroix, du personnage publicitaire de Marlboro ou d’une photo amateur du tsunami de 2006, le public découvre les méthodes utilisées pour recréer ce moment ainsi que les à-côtés. Original et intriguant à la fois. Situé dans la même galerie, c’est le travail de Cédric Delsaux qui attire également l’œil à travers sa volonté d’envahir le paysage urbain avec des personnages de Star Wars. Quand la fiction rencontre la réalité.

L’un de nos coups de cœur de cette 22ème édition s’appelle Dmitry Markov, jeune russe de 35 ans qui est une star sur les réseaux sociaux. C’est la Galerie du Jour / Agnès B qui expose ses photos aux formats carrés et de moyennes dimensions, toutes issues de son compte Instagram. Loin des photos vides de sens comme peut en compter par milieu l’application, l’homme aux 220 000 abonnés réalise des clichés saisissants qui sont un véritable témoignage de cette société russe loin de la bureaucratie et des élites.

À l’instar des aventures américaines des célèbres Robert Adams, William Eggleston ou Robert Frank que l’on peut croiser ici ou là dans la foire, les clichés de Tod Papageorge à la galerie Thomas Zander attirent le regard et nous replongent dans l’Amérique des années 1960-1970. Une street photography qui rappelle évidemment le travail de Gary Winogrand.

Si la femme est mise à l’honneur pour cette édition 2018, elle est également bien représentée devant l’objectif et souvent mise à nue. La beauté des corps, les formes géométriques des seins, des hanches sont superbement retranscrites via l’œil de Michael Kenna à la galerie de la Camera Obscura, quant à Ralph Gibson il propose un beau regard sur elles dans ses photos visible à la Paci Contemporary Galerie.

Enfin, dans la catégorie photoreportage, il y a bien évidemment les séries poignantes de James Nachtwey (Contrasto Galleria) pour ceux qui ont loupé la belle expo qui lui été consacrée à la Maison Européenne de la Photographie. Ainsi que les images scotchantes de Alex Webb sur Haïti à la Stephen Daiter Gallery et en Syrie par Matthias Bruggman à la Galerie Polaris.

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Hugo Saadi

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