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2015, Le retour de Cutlog : radical et poétique

2015, Le retour de Cutlog : radical et poétique

23 octobre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’année dernière Bruno Hadjadj avait dit non, outré par le lancement d’un off officiel de la FIAC. Cette année, il décide dans un format très original, un salon et non plus une foire, de faire vivre Cutlog, un off 100% off, dédié à la jeune création.

Deux jours seulement et huit heures par jour. C’est tout. Il faut donc vous rendre aujourd’hui à 16h à l’Hotel de l’Industrie située Place Saint-Germain-des-Prés. L’espace de 1500 m2 accueille « une programmation éclectique : art vidéo, accrochages,
installations… Une partie de l’espace sera également animée par plusieurs performers sur les sons de DJs européens. »

La différence entre un salon et une foire fait que la circulation est différente. Le Focus se fait directement sur les artistes. Et on doit le dire aussi simplement que cela : c’est génial. Imaginez, la maison de vos rêves, sur trois étages, pleine de recoins, un escalier majestueux et des portraits d’une famille qui n’est pas la vôtre. Au cœur, des œuvres d’une contemporanéité radicale.

On commence par faire le tour du propriétaire et par chance, quelques locataires déjà là nous racontent leur vision du monde. On croise Seib Pascot dont les méduses nous happent. Elles montent et descendent dans une musicalité hypnotique. Il raconte que cette oeuvre est « une critique poétique de notre société de consommation ». Il récupère des pianos droits dans la rue, qu’il découpe pour en récupérer les mécanismes. Son travail nous raconte un monde déchu, celui de la bourgeoisie au XIXe siècle.

Autre voyage, mais cette fois-ci autour du monde et pas dans le temps. Donia Kraal nous présente sa boîte « Touche-à-Tout ». Un coffre en bois dont, si on appuie sur les boutons sortent des sons ramenés de ses nombreux voyages. Elle nous ouvre ses tiroirs où se mêlent des odeurs, des matières. Une boîte monde, elle aussi parle de la société, de ce qui se périme. Elle porte réellement la diversité des cultures.

Autre trouble, celui que nous procure Vicenta Valenciano. Son oeuvre « Voids » est un tissu accroché qui à première vue ressemble à de la dentelle. C’est en fait de l’acrylique. Le résultat semble ancien. Elle s’inspire de la Théorie de la modernité liquide de Sigmund Bauman qui nous explique-t-elle, vient dire que « Les hommes et les femmes doivent être très flexibles ». Elle ajoute : « La société c’est mon inspiration ».

Se promener dans cette maison déserte où les oeuvres ont pris le pouvoir c’est aussi l’occasion de croiser les percutants dessins de Bruno Hadjadj qui est ici curateur d’un musée éphémère que l’on reverrait de voir être pérenne. Les bonhommes lumineux de Yongho kim et les séries de sculptures façon antique de Bors an Ritiu et Arnaud Cohen viennent raconter les ambiguïtés d’un rapport nostalgique à l’art. Haddjaj balaye d’un coup de maître les cloisonnements des foires d’art.

C’est radical, contemporain et génial. A voir jusqu’à samedi minuit. Hotel de l’Industrie, place St-Germain des Prés.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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