Arts
Slick : place aux oeuvres !

Slick : place aux oeuvres !

21 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La foire off de la FIAC, Slick Art Fair, tiendra sa sixième édition du 20 au 23 octobre 2011 sur l’esplanade du Palais de Tokyo. En six ans, la foire a acquis une réputation de qualité auprès des galeries et du public.

Lorsque la FIAC quitte le parc des expositions de Versailles et revient au Grand Palais, au cœur de Paris, en 2006, l’espace manque, et beaucoup de galeries ne peuvent plus exposer. Johan Tamer-Morael décide alors de créer une autre foire d’art contemporain qui permette de représenter plus de galeries, et de présenter des œuvres dans un esprit plus libre, moins institutionnel. Slick déniche des galeries en France, en Belgique, en Allemagne, aux États-Unis, au Liban… La foire veut être un tremplin pour des galeries méconnues ou émergentes, auxquelles elle souhaite donner plus de visibilité. En six ans, la Slick a cependant acquis une grande réputation parmi les galeries les plus établies. Depuis deux ans, la foire leur a ouvert ses portes.

Dans un espace de 2000m2, sur l’esplanade du Palais de Tokyo, quatre galeries de moins d’un an, White project, Didier Gourvennec Ogor, Inception et Backslash Gallery proposeront des expositions collectives. Deux galeries exposeront à la fois à la FIAC et à Slick, tandis que d’autres sont des anciennes de la FIAC. Enfin, de nombreuses galeries déjà exposées à la Slick reviennent pour cette nouvelle édition.

Ce qui interpellent en premier lieux ce sont les œuvres, vient ensuite le nom des galeries, installé tout en haut de chaque cloison. Plusieurs thèmes se dégagent. D’abord une belle place donnée à l’art monumental. Leonardo Agosti Gallery réitère son engagement auprès du jeune artiste français Jean Denant, en exposant sa nouvelle œuvre de 3,60m sur 2,60m, Mappemonde, composée d’impacts de marteau sur placo-plâtre.

 

L’artiste recrée le monde à partir d’un matériau brut, utilisé dans le bâtiment. Il ne gonfle pas la matière, il la casse, il la creuse. La création n’ajoute pas à la matière, elle la réduit. Le monde se dresse ainsi devant nous, blessé, aussi dérisoire et défini qu’un graffiti tracé dans un mur.

Un second thème est celui de la référence à l’enfance. Par deux fois Bambi vient nous séduire. Chez Bodson-Emelinckx. La bête est au sol, blessée et bandée tel un « accident de chasse ». La sculpture est de Pascal Bernier. Chez Jeannette Mariani, le faon est flanqué de l’insigne Mac-Do . Condamnation du système certes facile mais néanmoins amusante et attractive. Déjà adolescent, Bodson-Emelinckx Gallery présente une collection de planches de skate customisées par des artistes internationaux dont Damien Hirst, Keith Haring, Shepard Fairey, Baldessari, Nara, Jeff Koons, Richard Prince…

 

Pascal Bernier, accident de chasse-Bambi, 2010

Peut être plus pertinents sont les ensembles photographiques présentés. Chez Lambert, on retrouve l’habitué Serrano qui ici ne suscitera pas le débat ni les manifestations extrémistes, du moins, espérons. Ce sont ces figures du Klux Klux Klan que nous rencontrons en petits formats abordables ( 1500 €). Plus choc sont les images des clochards estoniens figés par l’œil de Boris Mikhailov en 1997 à voir chez Suzanne Tarasieve. A la galerie Polka on tombe raide devant les superbes William Klein et les théâtres en lambeaux d’Yves Marchand et Romain Meffre.

Yves Marchand et Romain Meffres-Theaters

 

Un bon plan ? Si ce n’est pas trop tard, la galerie Lambert met en vente le temps de la Slick une affiche de et offerte par Basquiat à Yvon Lambert en 1988, au prix minuscule de 180 € ! Dépêchez vous, cela vaut le cout de se promener dans les agréables allées à la découverte d’artistes confirmés ou en devenir . Le café la Perle a même installé un coin bar-lounge-restauration. De quoi repenser au œuvre en écoutant de la bonne musique. Que demander de plus ?

Jean-Michel Basquiat, sérigraphie, 2011

 

Amelie De Chaisemartin et Amélie Blaustein Niddam

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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