Marché de l'art
Cutlog baisse le rideau suite à l’offensive de la FIAC

Cutlog baisse le rideau suite à l’offensive de la FIAC

12 septembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est une tempête qui s’abat sur le monde de l’art contemporain, le directeur de la « petite » foire Cutlog, qui avait en cinq ans fait sa place dans le milieu a décidé d’arrêter là à un mois de l’ouverture.

Bruno Hadjadj dit non : « Je n’ai pas envie de les emmener dans le mur ». Il nous raconte : « aujourd’hui la FIAC a choisi de monter cette Off, ça veut dire que les galeries qui entrent chez nous veulent aller à la FIAC,c’est légitime, mais toutes n’y rentrerons pas ».

L’affaire est la suivante, La FIAC propose (OFF)ICIELLE, le premier Off officiel en lien avec la FIAC qui se déroulera aux Docks et présentera des galeries déjà en vue, telles Christian Berst, Laurent Godin ou Hussenot. La concurrence est directe avec ce qui était jusqu’ici « les offs » non officiels, à savoir ex Show off devenu D: Fair, slick et Cutlog. Justement, le directeur de cette dernière réagit avec tristesse mais sans aucune rancœur à la décision prise par la FIAC.

Joint par téléphone il décrit une mécanique implacable qui ne lui laisse pas le choix, et dénonce un aplanissement du monde de l’art contemporain : »Ce qui est un peu agaçant c’est que tout le monde vit avec cette épée au-dessus de la tête : la FIAC, l’offre devient lisse ».

Il pointe une faille essentielle, celle de la non unité des offs non officiels de la FIAC « tout était engagé, cette année il devait y avoir une dynamique entre toutes les offs, elles devaient toutes s’unir pour la première fois, mais ça a capoté ». On saisit alors pourquoi la FIAC a préféré créer ex-nihilo son propre off plutôt que de rassembler ceux existants.

Cutlog a depuis cinq ans revélé nombre de talents : Ruven Kuperman, Olivier Bragg, Gonzalo Nicuesa, Julie Maret…

Du point de vue financier, le gouffre est total. Ce sont plus de 40 galeries qui n’exposeront pas et ne vendront pas. En cinq ans, Cutlog a vu circuler 4 millions d’euros et a donc permis à nombre de lieux et d’artistes de vivre.

Ce qui est pointé dans l’acte radical que vient de poser Bruno Hadjadj c’est un art qui se regarde le nombril, qui n’est plus « under the radar », les choses sont attendues, vues et revues. « On voulait être surpris, maintenant on va sur les OFF pour voir des galeries qui seraient acceptées à la FIAC. Tout le monde essaie de monter en gamme. Tout à coup on oublie pourquoi on a commencé. Aujourd’hui il y a un art pompier, on s’inspire de ce qui a été un échec dans l’histoire de l’art. »

Bruno Hadjaj rêve d’un rendez-vous avec le ministère de la culture et la mairie de Paris. En attendant, il ira exposer ailleurs, il prépare une très grosse exposition à Taipeh dont il est curateur. Il donne aussi rendez-vous vendredi 30 octobre au 104 où il présentera avec Cutlog un projet d’art vidéo pour Jeune Création au 104.

Visuel : Cutlog 2013 ©ABN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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