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Malick Sidibé fait twister la Fondation Cartier pour l’art contemporain

Malick Sidibé fait twister la Fondation Cartier pour l’art contemporain

27 octobre 2017 | PAR Victoire Chabert

Un an après la disparition de Malick Sidibé, le 14 avril 2016, la Fondation Cartier pour l’art contemporain lui rend hommage avec Mali Twist, une grande exposition rétrospective.

En 1995, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présentait la première exposition monographique du photographe malien Malick Sidibé hors du continent africain. Devenu, au seuil du XXIe siècle, l’un des photographes africains les plus réputé, son nom est entré dans la légende. Dirigée par André Magnin et Brigitte Ollier, Mali Twist réunit plus de 250 photographies, remarquables et iconiques, qui illustrent le parcours extraordinaire de Malick Sidibé.

ms216Dans la salle du rez-de-chaussée, le visiteur est saisit par l’accrochage impressionnant de tirages d’époque inédits, réalisés par Malick Sidibé entre les années 1960 et 1980. Puis il est attiré par un studio reconstitué, rappelant le Studio Malick, installé rue 30, angle 19 dans le quartier de Bagadadji, à Bamako. Dans ce studio, Malick Sidibe a pris des portraits de jeunes vêtus à la dernière mode, d’enfants déguisés pour le carnaval, de femmes d’une parfaite distinction ou d’adolescents radieux… C’est toute la société de Bamako que l’on voit, sur cette trentaine de portraits inédits, montrés à la Fondation Cartier pour l’art contemporain pour la première fois.

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Une grande partie de l’exposition est consacrée aux soirées bamakoises et nous propose une véritable plongée dans la vie de celui qui fut surnommé « l’œil de Bamako ». L’ensemble exceptionnel de photographies en noir et blanc révèle comment Malick Sidibé a su saisir la vitalité de la jeunesse bamakoise. Il aimait capturer des instants, les mouvements des jeunes dansant lors des soirées, possédés par la musique. Une bande-son a d’ailleurs été conçue pour l’exposition, par Manthia Diawara et André Magnin. Composée de près de 70 titres, elle entraîne les visiteurs dans l’ambiance des soirées bamakoises au son du twist, du rock’n’roll et de la musique afro-cubaine.

Les photographies de suprises-parties, Malick Sidibé les tirait et classait rapidement, « parfois jusuq’à 6h du matin », afin de pouvoir les afficher dès le lendemain devant son studio. Ainsi tous ceux qui avaient participé aux soirées venaient se voir et se « marraient » en regardant les photos. Mali Twist présente une sélection de ces pochettes, dans lesquelles le photographe archivait ses reportages de soirées.

sans-titre2Enfin, dans les espaces de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, le visiteur retrouve l’une des séries les plus emblématiques du photographe, qui illustre les dimanches passés par la jeunesse bamakoise sur les rives du Niger. Ils se retrouvaient dans un lieu dit, le « Rocher aux Aigrettes », pour écouter de la musique et danser encore, pour s’amuser et se baigner. De ces moments de joie et d’insouciance, Malick Sidibé a capturé la célèbre photo Combat des amis avec la pierre au bord du Niger, une des rares photos composés par l’artiste.

Cette exposition Mali Twist, est un portrait-souvenir d’un homme enthousiaste et généreux qui a transformé sa vie, comme la photographie, en expérience du présent.

Crédit visuel : Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris © Malick Sidibé / Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris © Malick Sidibé

 

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Victoire Chabert

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