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« Ma Samaritaine 2015 », l’enseigne française dans l’objectif de six photographes

« Ma Samaritaine 2015 », l’enseigne française dans l’objectif de six photographes

18 octobre 2015 | PAR Hugo Saadi

Après une 2ème édition décevante malgré la présence de dix photographes, cette année, « Ma Samaritaine 2015 » réduit la quantité, mais gagne en qualité. Partant toujours du thème imposé, à savoir capturer la grande enseigne française actuellement en travaux, l’exposition séduit.

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Pénétrer dans la Samaritaine et se retrouver nez à nez aux escalators à l’arrêt fait toujours son petit effet. L’exposition peut comme à chaque fois se vanter de son lieu fort original qui laisse le spectateur vaquer à ses rêveries et repenser aux tourbillons des clients avant la fermeture. Les murs dégarnis et les espaces vides valorisent la scénographie d’une expo qui nous force à déambuler dans les moindres recoins en chantier. Le bâtiment a été confié à six artistes : Pierre-Olivier Deschamps, Michael Ackerman, Jh Engström, George Rousse et enfin Romain Meffre & Yves Marchand.

Après avoir quitté l’effervescence de la rue de Rivoli, les photographies de Pierre-Olivier Deschamps (première salle) sont un havre de paix. Très proche dans la construction de l’image de ce que le duo français Meffre & Marchand (exposés à l’étage inférieur) offre, Deschamps saisit le temps suspendu dans le grand magasin fantôme. Une tension fin du monde plane sur les rambardes des étages et les allées complètement désertes. Tandis que la nature, ou plutôt, la saleté reprend ses droits, le photographe capture un lieu désaffecté et joue sur les couleurs variées que renvoie la rouille des tuyaux ou bien les échafaudages de chantier rouges pétants. Avec un nombre de photos assez important, le visiteur découvre à travers l’objectif de Deschamps les entrailles de la Samaritaine.

Suivent les travaux de George Rousse, qui crée l’illusion d’optique en peignant sur le sol et les murs une étoile qui semble alors flotter une fois la perspective parfaitement établie ; Sarah Moon, qui trouble notre œil par son usage des polaroids, avec un grain tellement marqué que l’on se croirait devant des dessins en noir & blanc ou des story-boards. Au loin, Notre-Dame de Paris se distingue alors que Sarah Moon s’attarde sur les petits détails comme les fêlures des vitres ou la couche épaisse de poussière qui vient masquer l’extérieur parisien. Celui-ci sera bien mis en avant dans le travail de JH Engstrom. Légèrement espacés les uns des autres, les clichés forment un large panorama à 180 degrés en N&B si notre regard balaye l’ensemble rapidement. Enfin, les grands formats de Meffre & Marchand séduisent toujours autant. Habitués à photographier des espaces désertés, ils injectent à nouveau une puissance qui se démultiplie grâce à la profondeur de champ et les grands formats qui nous font face. Le visiteur est perdu, se retrouve seul dans l’immensité. Il est donc plus ardu d’apprécier le travail de Michael Ackerman, une succession de petits formats troubles et évasifs.

Ma Samaritaine 2015, du 17 octobre au 20 décembre. Plus d’infos sur le site officiel de l’expo.

Visuel © Romain Meffre & Yves Marchand

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