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Le Liban à l’honneur à l‘IMA pour la Biennale des photographes du monde arabe contemporain

Le Liban à l’honneur à l‘IMA pour la Biennale des photographes du monde arabe contemporain

06 octobre 2019 | PAR Lou Baudillon

Depuis le 11 septembre et ce jusqu’au 24 novembre, se tient dans plusieurs lieux la 3ème biennale de la photographie du monde arabe contemporain. Initiée par la Maison Européenne de la Photographie et par l’Institut du Monde Arabe, ces expositions ont pour but de promouvoir la richesse de la création photographique contemporaine dans le monde arabe. Toute la Culture est allé pour vous à l’Institut du Monde Arabe pour y découvrir des œuvres issues de la scène libanaise.

Intitulée Liban, réalités et fictions, l’exposition présentée à lMA est consacrée au Liban et plus particulièrement à la création contemporaine de photographes, reconnus mais parfois méconnus en France, ainsi qu’à leur production. La réalité, parce-que cette production s’attache à refléter un pays, une culture, une population diverse partageant un même territoire. Les années de guerres civiles et les déplacements de populations instaurent souvent une pratique photographique résolument documentaire. Il s’agit d’enfermer dans l’objectif ce qu’il reste, le souvenir, la douleur, les immeubles tels qu’ils étaient. Ainsi, la photographie d’architecture, de paysage naturel ou urbain et le portrait tiennent une place forte dans l’exposition, en résonance absolue avec une réalité vécue par les photographes. Ces travaux sont ceux de libanais, issus de communautés minoritaires ou non, mais aussi d’étrangers venus poser leur regard sur le pays. Tous interrogent un passé et un avenir par leur propre sensibilité, ce qui induit une vraie richesse dans le motif photographique exposé. Puis la fiction, parce-que ces sensibilités qui racontent l’histoire ou la réalité géographique ne sont pas moins privées de désir d’évasion et d’imagination. Que ce soit par des formes telles que le photomontage ou le collage numérique ou par la poétique d’un message, les oeuvres font s’ouvrir le regard sur un ailleurs voulu par les photographes.

Car dans les images d’apparent réalisme se forment les espoirs et les rêves telle la série de la photographe Myriam Boulos montre. Par ses prises de vues en noirs et blancs de jeunes femmes « flashée » dans les lieux de fêtes de la jeunesse de Beyrouth, des images, pourtant révélatrices d’une réalité sociale évidente, prouvent par leur sujet et leur esthétique une véritable espérance en une autre vie. Même les photographies d’immeubles de Vicky Mokbel sont autant de visions d’un pays dévasté par son histoire qu’un message de volonté d’un nouveau futur. Par le collage et le photomontage, certains artistes nous entrainent plus explicitement vers un imaginaire. Ainsi François Sargologo invente un paysage imaginaire fait de collages où certaines pièces de la réalité viennent s’incruster, comme pour signifier que l’histoire du pays n’est jamais très loin. D’autres créer par la photographie des images hors du temps, simples visions d’un artiste sur son pays mais dont le traitement induit une étrangeté qui fera se questionner celui qui les regardent. La fiction dans la réalité et la réalité dans la fiction, c’est bien cela qu’incarne ces visions. On en ressort curieux et secoué, ébloui par la beauté quotidienne d’un pays troublé et par la poésie de sa jeunesse créatrice. 

À découvrir jusqu’au 24 novembre à l’Institut du Monde Arabe (Réservation possible : ici). Pour les autres expositions de la Biennale de la photographie du monde arabe contemporain, retrouvez toutes les informations ici.

 

Visuels : Affiche officielle©Myriam Boulos, Nightshift, 2015

 
 
 
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