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Le Collège des Bernardins, personnification du renouveau printanier

Le Collège des Bernardins, personnification du renouveau printanier

20 avril 2013 | PAR Idir Benard

Jusqu’au 28 juillet, le Collège des Bernardins accueille “L’arbre de vie”, une expo polyvalente et multi-supports, traitant de la symbolique universelle et intemporelle de l’arbre. Entre vie, renouveau et mémoire, la scéno, extrêmement bien conçue, livre des pièces abstraites et intrigantes.

Dès l’entrée, la beauté des lieux s’empare de vous. La pierre blanche quasi étincelante façonne la nef centrale d’une architecture gothique la plus pure. Les arcades d’ogives quadripartites du plafond offrent une perspective envoûtante, et semblent pouvoir se répéter à l’infini, aussi loin que la vue est capable de les suivre. Indéniablement, une certaine énergie se dégage de ce lieu. Serait-ce le calme pluri-séculaire auquel le Collège des Bernardins est habitué depuis le 13th siècle? De part son statut de témoin vivant de l’histoire de France, le bâtiment en lui-même mérite l’attention et l’oeil méticuleux des amateurs d’art. Et l’exposition “l’arbre de vie” qui se tient entre ses 4 murs ne pouvait qu’être à la hauteur de son hôte : le moindre détail a été pensé et rien n’a été laissé au hasard.

L’expo, comme l’arbre au printemps, renouvelle ses couleurs et joue une ode à la vie. En effet, une partie des pièces exposées depuis le 15 février ont mué et laissent place à des pièces présentant des formes florales aux couleurs plus chatoyantes. Mieux encore, l’arbre a été traité dans son horizontalité au lieu de sa verticalité, ce qui renverse d’emblée la vision classique qui lui est associée et suscite des surprises en abondance. La verticalité crée en effet de la hiérarchie alors que l’horizontalité nivelle le tout, ce qui incite donc plus au dialogue entre des parties équivalentes. D’où une expo en longueur, structurée comme un arbre, mais horizontale. De la sacristie dans la pénombre rappelant les racines de la mémoire et de l’attachement, jusqu’à la clarté lumineuse du jardin, où, pour le coup, les vrais arbres du Collège des Bernardins siègent, la progression se fait naturellement.

La partie la plus intéressante est très certainement la nef centrale, ornée de diverses pièces intrigantes et scintillantes. Le cœur de l’expo, assimilable au tronc d’un arbre, est cette étrangeté tentaculaire fascinante en bois de peuplier au beau milieu de la nef. Instrument de musique, sculpture, pièce à part entière, on ne sait pas. Très certainement tout ceci à la fois, étant donné que ses créateurs, Denis Tricot, Eric Cordier et Gill Viandier la qualifient de “mélange artistique”, entre musique, sculpture et danse. C’est une pièce vivante et ouverte, où le public est amené à interagir librement avec elle afin de se raconter sa propre histoire, entre matérialité et spiritualité. Cette pièce, nommée “Grandeur Nature”, est une œuvre commune, où chacun a son expression propre, du public aux artistes. “Grandeur Nature” a été le support d’un spectacle d’avant garde de sculpture musicale gestuelle qui a bien résumé la communion entre nature et technique, matériel et spirituel. Les sens en éveil, tout brille de sons et d’images inconnus et innovants, et la sortie de l’expo ne se fait pas sans le sentiment d’avoir vécu une expérience unique.

Visuels : (c) Idir BENARD

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Idir Benard
Passionné par les nouvelles technologies, la cyberculture et les visionnaires de tout poil, il écrit un mémoire à l'EHESS sur le transhumanisme et la science fiction. Interrogateur du genre humain, en chemin hors de la caverne de Platon. Bon vivant, ne se prive pas de couvrir des évènements sympas en tout genre, qu'il y ait du vin, du dupstep ou de l'art. Fan des dessins animés des années 90 (Tintin, Dragon Ball Z) et des jeux old school (mégadrive en particulier)

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